Chante un peu faux.
Ce film nous apparaissait de prime abord comme un retour à ce que le cinéma anglais sait faire de mieux, en l’occurrence le feel-good movie partagé entre un versant social et un autre plus historique. Un peu comme avaient pu le faire « The Full Monty », l’inoubliable « Billy Elliot » ou encore « Les Virtuoses » pour ne citer que les exemples les plus célèbres. « The Choral » prend place dans un petit village du Yorkshire durant la Première Guerre Mondiale où l’absence de plus en plus forte d’hommes, appelés au front, pénalise la chorale du coin qui va devoir trouver des solutions pour subsister. Charmant synopsis propice à une œuvre délicieusement surannée où les bons sentiments côtoient le rire. C’est en tout cas ce que l’on espérait. Malheureusement, l’exécution est bien différente de ce à quoi on s’attendait et on s’ennuie devant ce film peu passionnant et longuet.
Il est signé par un revenant. Nicholas Hytner avait brillé dans les années 90 avec des films comme « La Chasse aux sorcières » avec Winona Ryder et le grand Daniel Day-Lewis ou encore la comédie romantique « L’Objet de mon affection » avec Jennifer Aniston et Paul Rudd. Puis, l’auteur s’était davantage tourné vers les arts de la scène du théâtre au ballet. Il y a dix ans, il avait mis en scène un film confidentiel avec feu Maggie Smith, « The lady in the van », et puis plus rien. Ce retour au septième art avec « The Choral » n’est clairement pas une réussite, c’est même une grosse déception. On pourra cependant lui accorder une qualité et clairement pas celle qu’on attendait pour un tel film : sa mise en scène. En effet, elle est très élégante et particulièrement soignée. Loin d’être statique ou tout juste illustrative comme souvent dans ce type de films, les cadrages sont toujours vivants et au bon endroit en plus de magnifier les paysages de la région et de ce petit village avec une reconstitution du meilleur goût.
Cependant, la narration n’est pas optimale et frôle le raté avec une accumulation certaine de mauvais choix. Les enjeux du script sont mal dégrossis et que ce soit la conception de cette chorale ou les questionnements que génèrent l’appel au combat durant cette Grande Guerre pour les jeunes hommes, c’est brouillon et même parfois opaque. La progression de cette chorale n’est jamais bien exploitée, le spectacle final arrive comme un cheveu sur la soupe et le ressenti des personnages impactés par ces départs à la guerre est très maladroitement amené. Le montage n’est pas plus clair et la plupart des personnages sont caricaturaux avec des arcs narratifs pas forcément pertinents ou même terminés. L’homosexualité présumée d’un personnage, les choix de vie d’une protagoniste ou encore le passé d’un autre demeurent opaques ou superficiels. Bref difficile de s’intéresser à ce film musée d’autant plus que le grand Ralph Fiennes y semble étonnamment endormi et peu investi. Une déception qui ne nous a ni touché, ni amusé.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.