Publicité

Kiss of the Spider Woman

Critiques des membres

Rédiger une critique

2.5Acceptable
1 critique des membres
  • 0
  • 0
  • 0
  • 1
  • 0

1 critique

Acceptable
Rémy Fiers

Musical latino-vieillot.

Prévu pour être une locomotive à récompenses, notamment à Oscars, ce remake d’une comédie musicale des années 80, elle-même adaptée d’un roman, va certainement se positionner comme l’un des plus gros flops de 2025. Les causes sont nombreuses et pas toujours identifiables mais il est certain qu’avec son budget de 40 millions de dollars hors marketing (comptez donc 60) et un box-office d’à peine 2 millions de dollars sur le sol américain et très peu de potentiel à l’international, la facture va être extrêmement salée pour les producteurs de « Kiss of the Spiderwoman ». On est pourtant loin du navet mais entre une présentation tiède au festival de Sundance, une campagne de promotion étonnamment timide et un positionnement bancal, le film est une véritable catastrophe industrielle niveau rentabilité. Et aucune chance qu’il figure aux Oscars même si les retours critiques et spectateurs ne sont pas si désastreux que cela.

Une chose est sûre : les amateurs de comédie musicale old school devraient apprécier et ceux qui abhorrent ce genre très anglo-saxon devraient détester. De ce côté-là on est dans les clous du genre. Mais c’est sur le public entre-deux, le bassin le plus important pour ce genre de film, que cela est le plus intéressant. Et si « Kiss of the Spiderwoman » est loin d’être horrible ou détestable, il n’a ni la malice d’un « La La Land », ni la maestria monumentale d’un « Chicago » (auquel il voudrait ressembler par certains aspects) ou même la mise en scène d’un « West Side Story » version Spielberg. Au demeurant, la posture de huis-clos carcéral (et statique) ponctué des séquences de comédie musicale colorées en mode technicolor et volontairement kitsch ne jouent pas en la faveur du long-métrage d’un Bill Condon pourtant habitué à ce type d’exercice, de « Dreamgirls » qu’il avait réalisé à « Chicago » justement, dont il avait écrit le script.

Les plus de deux heures cette comédie musicale aux relents passéistes et surannées peuvent sembler longues et difficile de ne pas décrocher à plusieurs reprises. Si les numéros musicaux sont correctement mis en scène, ils font vraiment datés. Volontaire ou non, il vaut mieux être un adepte du genre pour les apprécier surtout qu’aucune chanson n’est véritablement mémorable. Juste peut-on admirer une ou deux chorégraphies plutôt sympathiques. Quant au discours politique sous-jacent, il se marie mal avec l’intrigue et la romance homosexuelle. Niveau interprétation Toniatuh se révèle plein d’entrain et Jennifer Lopez assure le show avec le glamour qu’on lui connaît mais Diego Luna est une erreur de casting. Il manque de charisme et de sex-appeal dans les scènes de prison et semble mal à l’aise dans celles de show. Les rouages du script qui voit le réel transcendé par le pouvoir de l’imagination et du cinéma à travers les récits de Molina en mode méta se révèle, en outre, trop mécaniques et redondants. Bref, rien de bien folichon même si on est loin de la purge annoncée.

Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.