Publicité

Karma

Critiques des membres

Rédiger une critique

3.5Très bon
1 critique des membres
  • 0
  • 0
  • 1
  • 0
  • 0

1 critique

Très bon
Rémy Fiers

Duel en glauque et due forme.

Après une traversée du désert composée d’un bide significatif et conspué par la critique (on parle bien sûr de l’un des plus gros blockbusters tricolores de tous les temps avec « Astérix : l’Empire du milieu ») et un film totalement dénué d’intérêt et passé inaperçu (« Lui »), Guillaume Canet revient à ce qu’il sait faire de mieux avec la comédie introspective: le thriller vénéneux comme il nous l’avait montré avec son adaptation d’Harlan Coben. Cette fois, il n’adapte pas de bouquin comme avec ce dernier qui est l’un de ses plus gros succès (on parle bien sûr de « Ne le dis à personne ») car il a écrit lui-même le script de « Karma ». Et il a enrôlé son ex-femme qui est toujours l’une des actrices les plus célèbres à l’international en la personne de Marion Cotillard pour un film se déroulant entre le nord-est de l’Espagne et le sud-ouest de la France. Et on peut dire que son nouvel essai est très réussi sur la grande majorité des choses qu’il entreprend.

Outre l’acteur espagnol qui partage l’affiche avec eux, c’est le duel entre Cotillard, à la fois fragile et déterminée en victime qui va se rebeller, et l’immense Denis Ménochet qui attire tous les regards. Avant son rôle de Président de la République dans l’immense « Jupiter » qui sort le mois prochain en France, le voilà en simili gourou d’une communauté religieuse fonctionnant comme une secte. Et il y est à la fois terrifiant et bestial. Sa composition tyrannique, tel un ogre qui peut surgir à chaque recoin de ce lugubre bâtiment isolé, fera date. On passera cependant sur quelques clichés, notamment concernant l’écriture de son rôle (comme le fait que son personnage se flagelle). Et aussi quelques outrances visuelles trop marquées ou empruntées (cette photographie un peu trop grisâtre ou jaunie pour faire sinistre et désolé) qui rendent parfois « Karma » visuellement maniéré.

Hormis cela, ce thriller glauque dont les pièces du puzzle se mettent petit à petit en place nous happe durant ces plus de deux heures sans aucun souci de rythme ou relâchement de tension. On pourra regretter que le pot aux roses et les secrets de cette communauté soient un peu trop vite mis à jour mais cela n’empêche pas d’autres révélations (notamment celle sur la disparition qui inaugure le film) d’être intéressantes. La mise en scène de Canet est de toute beauté, il enchaîne les plans soigneusement élaborés mais sans tomber dans l’esthétisme forcé. Et il instaure une ambiance glauque et malaisante collant parfaitement au sujet de l’emprise (ici non pas sur une femme mais toute un groupe de gens vivant en vase clos). Le sujet des abus sexuels se rajoute de manière peut-être un peu obligatoire mais sans accrocs. Au final, « Karma » remplit son contrat haut la main d’un suspense efficace et racé qui glace le sang et vous captive sans discontinuer durant plus de deux heures.

Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.