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Juste une illusion

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3.5Très bon
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Très bon
Rémy Fiers

Condensé de nostalgie.

Le cinéma du duo Olivier Nakache/Éric Toledano emprunte des schémas connus : entre rires et larmes, ils nous proposent toujours des feel-good movies entre le social et le sociétal souvent emprunts d’une veine humaniste marquée qui décortique les rapports humains avec sensibilité. C’est du cinéma réconfortant, qui fait du bien, mais qui peut parfois tourner à la recette. La preuve, leur avant-dernier opus, « Une année difficile », ne nous avait pas plus conquis que le public, réservant au film un accueil froid en salles. Comme si la formule commençait à tourner à vide. Les cinéastes responsables du carton « Intouchables », du culte « Nos jours heureux » ou de « Le Sens de la fête » reviennent avec une œuvre qui semble vouloir rattraper le coup : une belle histoire de famille, de l’émotion mêlée au moments plus drôles, un peu de social avec ici un côté récit d’apprentissage via le personnage du plus jeune fils et, surtout, un énorme vent de nostalgie, le film se situant en 1985.

Au départ – disons la première demi-heure, on regarde « Juste une illusion » sans grande passion. Le film prend le chemin de la chronique eighties mais tarde à développer des enjeux concrets ou même un semblant d’intrigue. Et puis on ne trouve cela ni vraiment drôle, ni vraiment touchant. En somme, rien de transcendant à tel point qu’on visionne le film de manière quelque peu distanciée. Puis, sans crier gare, petit à petit, le miracle se produit. C’est juste, on ne peut le nier et on finit par s’attacher aux personnages et donc à cette famille qui galère avec un père au chômage, une mère qui voudrait gravir les échelons à son travail (pas facile pour une femme dans les années 80), un fils en pleine période rock qui fait du recel de cassettes audio et le petit dernier – au centre de l’histoire – qui va connaître ses premiers émois amoureux. Au final, c’est beau, bien écrit et bien joué et on se rend compte tout d’un coup qu’on passe un moment bien sympathique.

La carte maîtresse du duo est sans conteste la fibre nostalgique qu’il réussit à déverser sur nous. En cette époque troublée où le monde s’enlaidit à une vitesse folle, revoir un film à une époque où certains soucis actuels n’existaient pas fait plaisir à voir. « Juste une illusion » met du baume au cœur. Certains reprocheront peut-être le « c’était mieux avant » sous-jacent ou une idéalisation de cette époque, mais la reconstitution semble pourtant fidèle sur bien des aspects et ceux ayant pu la connaître pourront confirmer. La mise en scène du duo est toujours aussi assurée et dynamique et cela se ressent. Une magnifique scène de danse improvisée monte encore une fois leur talent unique pour nous embarquer dans leur histoire par des moments de grâce. Et bien sûr, comme toujours avec eux, la bande originale est juste parfaite. En même temps, vu l’époque, il aurait été difficile de se louper sur ce point. Ce n’est peut-être pas leur meilleur film mais l’objectif premier est atteint : celui de faire du bien et de s’évader. Et cette famille avec ses belles valeurs, ses joies et ses peines nous a conquis. Sur le tard, mais conquis quand même en plus d’un casting étonnamment en osmose et complice.

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