Une justice juste?
Avec une carrière de plus de 60 ans, Clint Eastwood n’envisage pas la retraite. Il nous livrait, en fin d’année, un nouveau projet : Juror #2. Sa projection en salle fut été si limitée qu’il est passé sous le radar. Pourtant, avec une distribution de choix composée de Nicholas Hoult et de Toni Collette, cette réalisation ne pouvait qu’être prometteuse.
Justin (Hoult) est désigné comme juré dans le cadre d’un procès pour meurtre. Il fera toutefois face à une dilemme dont la décision pourrait changer le cours de la vie de l’accusé.
Avec un conflit éthique tout à fait différent, le long métrage questionne le concept de la justice à l’instar de Justine Triet avec Anatomie d’une chute. Il suscite une remise en question de nos valeurs alors que nous parvenons aisément à nous immerger dans l’angoisse du protagoniste. Plus encore, il remet en doute l’efficacité d’un système de justice qui nécessiterait depuis longtemps d’être réformé.
Pourtant, bien que scénario original et le montage se révèlent efficaces, Clint Eastwood ne parvient à atteindre l’intensité cinématographique de Triet. Son style trop traditionnel semble en décalage avec le cinéma plus expérimental qui domine aujourd’hui l’industrie.
Cela dit, Juror #2 n’a rien d’une œuvre précipitée, réalisée dans la hâte par un cinéaste dont les jours sont comptés. Le film témoigne d’un savoir-faire indéniable qui prouve que Clint Eastwood a toujours sa place dans le monde du cinéma.