Publicité

Jeunes mères

Critiques des membres

Rédiger une critique

3.5Très bon
2 critiques des membres
  • 0
  • 0
  • 2
  • 0
  • 0

2 critiques

Très bon
g d

Pas facile d'être mère adolescente.

Touchant.

Bon
Rémy Fiers

Fim choral sauce Dardenne.

Encore des cinéastes entrant dans la catégorie des identifiables dès les premières séquences. Les rares récipiendaires de deux Palmes d’or que sont les frères Dardenne reviennent donc avec un nouveau film conforme à tous les précédents : caméra à l’épaule au plus près des personnages, cinéma du réel, majorité des comédiens non professionnels mélangé à quelques têtes connues, sujet social ou sociétal, la ville de Liège ou ses alentours en lieu de tournage, ... Bref, on est en terrain connu et leur cinéma est aussi régulier (prévisible?) qu’une horloge suisse sur la forme comme sur le fond. On pourra leur reprocher comme on pourra louer une constance et une cohérence artistique indéniable, surtout que l’on ne peut pas non plus dire qu’ils font toujours le même film puisqu’ils changent bien sûr de sujet à chaque long-métrage.

Ici, la fratrie nous parle, comme le titre l’indique tout simplement, des mamans trop jeunes et potentiellement des filles mères. « Jeunes mères » évolue au sein d’un centre maternel d’aide à celles-ci. Le film propose de suivre cinq jeunes adolescentes qui se retrouvent là pour diverses raisons. Un peu plus lumineux qu’à l’accoutumée, moins traversé de pessimisme social, leur nouvel opus peut encore une fois compter sur des comédiennes non professionnelles très talentueuses et épatantes de naturel. Les jeunes actrices apprenties sont incroyables, preuve que les Dardenne sont toujours aussi doués pour aller dénicher et diriger de jeunes talents prometteurs (de Jérémie Rénier à feu Émilie Dequenne).

À travers ces cinq portraits, le film traite de différentes causes à cette maternité précoce et développe par conséquent différentes issues. Il y a une diversité appréciable entre celles qui veulent garder leurs enfants et celles qui veulent le placer, celles qui sont seules et celles qui sont accompagnées, celles qui gèrent et celles qui ne gèrent pas du tout. Comme le script embrasse les destinées individuelles de chacune (enfin sur les cinq il y en a une qui est étrangement et complètement laissée de côté et n’a que deux séquences), il ne peut vraiment les approfondir. Et comme le scénario est très succinct, on frôle parfois le documentaire sans que ce soit une tare. En revanche, difficile encore une fois de comprendre le jury cannois de cette année qui a décerné le Prix du scénario à un film qui n’en a quasiment pas!

Le problème de ce type de film choral est que, souvent, certaines trajectoires sont plus intéressantes que d’autres. Ici, si celle d’Ariane et de Perla nous happent, les autres un peu moins. Sauf peut-être la dernière partie très émouvante avec India Hair concernant le personnage de Rebecca. On a un effet catalogue de cas et de personnalités un peu voyant qui se répercute sur le format. « Jeunes mères » ressemble parfois à plusieurs courts-métrages qu’on a découpé et mis bout à bout et auquel on a ajouté des scènes de groupe pour lier le tout. Et il faut avouer qu’il y a une petite frustration que les personnages plus pertinents et au narratif plus captivant ne soient pas davantage développés. Un effet à double tranchant donc pour un opus qui touche en plein cœur mais aux choix narratifs discutables.

Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.