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Indomptables

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Rémy Fiers

Polar exotique au souffle court.

Après avoir réalisé la comédie très réussie en duo avec Fabrice Éboué « Case départ » qui avait connu un gros succès en 2010 puis en solo la comédie complètement ratée « Fastlife » qui avait fait un énorme bide en 2013, Thomas Ngijol retente l’aventure de la réalisation plus d’une décennie plus tard avec cet « Indomptables ». Et loin du genre comique auquel il nous a habitué, l’artiste choisit un sujet surprenant et aux antipodes des deux films cités en plus de tourner dans son pays d’origine avec des acteurs et une équipe du cru. Une prise de risque à saluer car Ngijol sort totalement de sa zone de confort et nous convie à un mélange de polar et de chronique familiale dans la capitale du Cameroun, Yaoundé.

Malheureusement, il y a beaucoup trop de lacunes dans ce nouveau film pour qu’il soit pleinement satisfaisant en dépit d’une cascade d’intentions supposément bonnes. Le principal défaut de « Indomptables » réside dans son intrigue policière. Celle-ci est mal développée et totalement bancale alors qu’elle aurait pu être le cœur battant du film. On dirait que Ngijol s’en contrefiche et la traite par-dessus la jambe. On suit la progression de l’inspecteur qu’il incarne sans jamais se sentir concerné. L’intrigue avance par à-coups et au gré de hasards bien trop faciles pour être crédibles. Si cela permet de voir les méthodes peu conventionnelles de la police du cru et de saisir la part de corruption peu étonnante dans les forces de l’ordre du pays, le suspense et la tension sont aux abonnés absents. En outre, le parler franco-camerounais n’est pas toujours audible pour le spectateur qui finit par se contrefiche des tenants et aboutissants de ce meurtre et du mobile des coupables.

Là où « Indomptables » se révèle intéressant par intermittences, c’est dans le dépaysement qu’il nous propose. Si la mise en scène est très peu inspirée, tout juste illustrative, il nous immerge néanmoins dans les méandres d’une capitale africaine loin d’une image de carte postale. Yaoundé semble être montrée telle qu’elle est : bordélique, parfois sale mais vibrante et vivante. Il pointe du doigt un patriarcat fort présent, des institutions à bout de souffle (la police donc mais aussi les systèmes de soin et éducatifs à bout de souffle) et un manque de moyens criant à tous les niveaux. Mais aussi le portrait également d’un père dépassé par la cellule familiale qu’il gouverne. Sur ces points, il y a un embryon d’intérêt indéniable. Mais si le film est pourtant très bref (une heure et quinze minutes), il échoue à trouver son rythme et nous captiver véritablement.

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