Glace parfum hémoglobine.
Décidément Eli Roth a bien du mal à retrouver la fougue de ces débuts. Cinéaste et acteur (« Inglorious Bastards »), il avait forte impression dans les années 2000 avec les « Hostel », devenus incontournables dans le genre du torture porn, ou encore « Cabin Fever ». Depuis, chaque film semble pire que le précédent ou presque. Si le film de cannibalisme « The Green Inferno » était satisfaisant, que dire du navet « Knock Knock », de la catastrophe industrielle « Borderlands » ou du très passable « Thanksgiving »... Toujours dans l’horreur en mode série B, le voilà qui revient avec une sorte de slasher fantastique où ce sont les enfants les instruments du mal. Alors que vaut cet « Ice Cream Man »? Annonce-t-il le retour aux affaires du réalisateur? Pas vraiment, tant ce nouvel opus n’est clairement pas terrible et somme toute, totalement dispensable. Ici, on peut dire que Roth – qui joue également un petit rôle – tangue totalement vers la série Z. On a l’impression d’être devant un « Weapons » du pauvre avec ces enfants possédés. Cependant assaisonné à la sauce ultra gore de la saga « Terrifier », dont le film semble fortement s’inspirer pour sa violence graphique et décomplexée cherchant le dégoût et le crade le plus intense possible. Par là même, le long-métrage ne tente même plus à un seul moment de faire peur. Si on cherche des frayeurs, des sursauts ou même ne serait-ce qu’un minimum de tension, on sera forcément déçu tant il n’est jamais terrifiant. Ni même dérangeant, ce qui est un comble.
En revanche, rendons à César ce qui lui revient de droit comme on dit : Roth a une sacrée inventivité pour orchestrer les sévices les plus originaux possibles. Il ne lésine à aucun moment sur la tripaille, le sang et les mises à mort les plus extrêmes qui soient. Et comme elles sont opérées par des enfants, sous un soleil estival et dans une ville idyllique, cela aboutit à un drôle de décalage singulier. Tous les outils à la disposition de l’imagination tordue du cinéaste sont là pour que chaque meurtre soit plus tordu et vicieux que le précédent. Franchement, on ne compte plus les morts à tel point que ça en devient presque drôle et qu’on se demande quelle violence perverse sera déclenchée sur le prochain figurant qui passe par là. Les maquillages sont majoritairement de grande qualité et il faut avoir le cœur bien accroché tant c’est dégoûtant. En revanche, si on s’amuse au début, tout cela devient vite très lassant. Et comme l’embryon d’histoire convoqué ici tient sur une aiguille et que le postulat est – il faut l’avouer – complètement débile, on a vite fait de trouver ça peu engageant et fatigant. « Ice Cream Man » plaira probablement aux amateurs d’ultra gore mais passé ce public cible, peu de chances qu’il convainque grand monde.
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