A vouloir garder des licences juteuses en vie, les studios font tout et n’importe quoi. Dans le cas présent c’est clairement n’importe quoi. Ici, en tentant de remplacer Will Smith et Tommy Lee Jones par un nouveau duo plus frais et dans l’air du temps (c’est-à-dire en incluant une femme en tête d’affiche), Sony fait encore pire qu’avec son reboot féminin de « Ghostbusters » il y a trois ans. Il faut vraiment arrêter de prendre n’importe quelle recette qui fonctionne et lui adjoindre au mieux des suites, au pire ce type de remake/reboot/spin-off tellement mal fagoté que leur but uniquement mercantile ne fait plus aucun doute. On ne pourra pas dire que c’est le duo composé par le beau blond californien qu’est Chris Hemsworth avec cette jolie black qu’est Tessa Thompson qui coince puisque c’est le même binôme qui nous avait enchanté dans « Thor : Ragnarok » (avec Hulk en plus certes). En revanche, inconsciemment, ils enlèvent un peu du crédit immense qu’on leur octroyait dans ce film avec ce triste « Men in Black International ».
En effet, dès lors que cette association apparaît moins naturelle et que le traitement que le duo subit à l’écran est moins réussi, ça coince. On ne rit quasiment jamais aux blagues que s’envoient ou reçoivent les deux protagonistes et les situations qu’ils vivent sentent le réchauffé. Comme si l’équipe de scénaristes à la barre ne tentait jamais de faire du neuf ou d’innover mais se contentait de plaquer un cocktail gagnant du passé vingt ans plus tard. Cela en ne comptant que sur la présence d’un nouveau duo pour masquer la vacuité extrême d’un scénario dont la banalité confine au foutage de gueule. Encore plus hypocrite et certainement consciente du peu de matériel présent dans le script, la production délocalise l’action en Europe pour tenter de faire diversion (tactique très à la mode à Hollywood en ce moment, on ne citera pas de noms). Triste, tout comme Liam Neeson qui n’en finit de plus de cachetonner dans un rôle ici dont on connaît la teneur dès la lecture du scénario, comme si on avait toujours un temps d’avance. L’acteur, livide et complètement absent, fait de la peine à voir, réduit à accepter que son nom soit apposé sur une affiche pour payer ses impôts.
Cerise sur le gâteau, « Men in Black International » est avare en scènes d’action dignes de ce nom. Aucune à se remémorer, le film se contentant de sortir quelques gadgets qui n’impressionnent plus depuis une décennie et des aliens qui ne retiendront pas plus l’attention de quiconque (hormis peut-être celui joué par Rebecca Ferguson et son sbire). Et même les effets spéciaux laissent parfois à désirer, on parvient à déceler les fonds verts. En 2019 !!! F. Gary Gray, honnête tâcheron hollywoodien sans réelle personnalité mais qui a su livrer d’honnêtes séries B telles que « Braquage à l’italienne » ou « Que justice soit faite » semble en mode pilotage automatique et tout aussi persuadé que le public n’y verra que du feu. Et bien même si ça passe plutôt vite et que c’est rythmé, on est vraiment déçus de bout en bout d’être pris pour des mannes à billets verts et que personne dans ce projet ne fasse semblant d’y croire. Hormis le duo star qui va regretter d’avoir mis les pieds là-dedans. Impersonnel, vide, pas toujours formellement au point, cette fausse suite dénature la trilogie originale. Et même si cela se laisse regarder ça insulte trop le spectateur pour être recommandé.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.