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Forbidden Fruits

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Rémy Fiers

Salade de fruits amère.

À la vue de ce film 100% girly, on a l’impression d’être revenu dans les années 90 ou 2000. L’aspect visuel comme le synopsis, voire même l’affiche, tout semble déterré de cette époque où les teen-movies fleurissaient de toute parts. Au sein de cette période, certaines productions étaient un peu plus revêches en tentant une tonalité un peu acidulée et/ou ajoutaient une pointe d’horreur, de suspense ou de fantastique. Avec « Forbidden Fruits », on est en plein dans cette mouvance-là, le premier long-métrage de Meredith Halloway s’inscrivant pile entre le teen-movie culte et au-dessus de la moyenne « Clueless » et le film de sorcières en mode adolescentes « The Craft », avec la future scream queen Neve Campbell. Dans son ton et son côté faussement superficiel, on pense aussi fortement au méconnu « Jawbreaker ». Bref, on n’est pas dans le teen-movie ultra light et niais mais ce n’est pas non plus du cinéma qui aspire à être très intellectuel ou novateur. À prendre pour ce que c’est donc. C’est comme si la cinéaste rendait hommage à tout un pan de son adolescence avec son premier essai derrière la caméra.

Au début, on se réjouit de retrouver ce qui faisait l’ambiance des productions (pour la plupart oubliées) de cette époque bénie pour le cinéma commercial adolescent et majoritairement féminin. Lorsque les trois vendeuses adulées débarquent dans le centre commercial durant la séquence d’ouverture, c’est comme si on voyait les pestes de « Lolita malgré moi » arriver au lycée. Sensation Madeleine de Proust assurée. Et comme Halloway filme son histoire volontairement dans le même type d’écrin visuel qu’à cette époque, cela renforce notre impression. Le décor du centre commercial est original mais peut-être pas exploité de manière optimale hormis lors du dernier acte, très réussi. C’est d’ailleurs lorsque « Forbidden Fruits » verse dans le gore et le fantastique qu’on prend le plus notre pied. Entre temps, il s’attarde de manière trop superficielle aux rapports entre ces quatre filles, entre soumission et domination dissous dans une pseudo-sororité.

Certains développements de l’intrigue sont un peu maladroits (le but véritable de Pumpkin) et le film est un peu trop bavard. Il y a d’autres idées plus astucieuses comme cette Sharon dont on entend la voie mais qu’on ne verra qu’à la scène post-générique (à ne pas louper). Le jeu des actrices et les situations sont volontairement outrés et exagérés gratifiant « Forbidden Fruits » d’une tonalité particulière. L’esthétique flashy et le côté un peu cheap de l’ensemble allant parfaitement à l’histoire tout en donnant un cachet particulier assez attractif à cette série B girly. Le quatuor d’actrices dans des rôles voulus clichés est assez bon, il y a une bonne dynamique entre elles. C’est parfois futile mais il y a vraiment des bons moments, drôles ou joyeusement gores, et une ambiance comme on en fait plus faisant de ce petit film, un bonbon légèrement acide pas désagréable à défaut de laisser un goût inoubliable en bouche.

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