Boring Life.
Quand on voit « Fantasy Life », on pense automatiquement à tout ce qui caractérise le cinéma indépendant (et bobo) américain. Le premier long-métrage de Matthew Shear semble en effet cocher tous les critères sans exception. On des personnages paumés et issus du milieu artistique, tous en pleine crise existentielle ou en dépression. L’intrigue se déroule à New York dans les quartiers chis ou sur l’île qui l’est tout autant de Martha’s Vineyard. Et la tonalité est constamment sarcastique et alterne entre l’humour piquant ou intello et quelques considérations plus dramatiques. Bref, on pense à un certain Woody Allen et tous ces héritiers, un style de cinéma devenu quelque peu caricatural avec le temps et presque suranné. On est donc pas surpris de constater que le jeune cinéaste a été souvent acteur chez Noah Baumbach, lui-même considéré comme un ersatz plus (« Marriage Story ») ou moins (« White Noise ») talentueux du binoclard à lunettes, lui-même désormais persona non grata à Hollywood. On n’osera pas le terme de plagiat mais Shear a réalisé un œuvre en tout point similaire à ceux du réalisateur qu’il l’a fait connaître et à ceux d’Allen. Comme un élève trop consciencieux et appliqué qui tente de singer le talent de ses maîtres ans y arriver. Dans les deux cas, il ne leur arrive pas à la cheville.
Durant une petite heure et demie, on se demande où le jeune réalisateur veut en venir et ce qu’il entend nous raconter avec son histoire très peu passionnante. On dirait qu’il ne va jamais au bout de ses idées et reste à la surface. La relation naissante entre ce jeune baby-sitter par accident et cette actrice délaissée par le milieu du cinéma, tous deux unis par la dépression ou des problèmes de santé mentale, reste toujours en surface. Et puis il ne se passe pas grand-chose dans ce « Fantasy Life ». Tout juste a-ton droit à quelques bonnes répliques et deux ou trois séquences vaguement amusantes mais pour l’émotion et un quelconque discours sur la santé mentale dans ces milieux de nantis, c’est aux abonnés absents. Alors ça se regarde sans réel déplaisir mais sans passion aucune non plus. Heureusement, la revenante Amanda Peet (actrice montante au début des années 2000) fait un (petit) retour convaincant dans un rôle miroir qui lui va comme un gant. Mais voilà un premier essai sans personnalité et sans grand intérêt aux ressorts éculés et à la patine vue et revue durant ces trente dernières années.
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