Un allongé au lieu d'un court.
Des films adaptés du monde du jeu vidéo, il y en a une tonne. Des films adaptés du monde du jeu vidéo qui sont réussis, beaucoup moins. Combien de bouses et foirade en règle pour un « Silent Hill » ou un « Super Mario Bros » (le film d’animation) d’excellent niveau, en plus d’être fidèles au matériau original? Très peu! Les ratés dans ce domaine ne se comptent plus tellement ils sont nombreux malgré que bon nombre de jeux soient presque ou complètement faits pour être adaptés sur le grand écran. En revanche, un jeu comme « Exit 8 », en vue subjective, qui se base sur le concept de différences à trouver pour avancer semblait plus complexe à mettre en images sur tout un film. Mais comme on a bien eu des films adaptés de licences de jouets, d’attractions, de jeux de société ou encore le récent carton « Minecraft », on se dit que tout est possible.
Le long-métrage parvient à créer une ambiance mystérieuse et anxiogène dès le départ quand le personnage principal (qui serait notre égal dans le jeu à la première personne) se perd dans le fameux couloir de métro dont il va vouloir sortir en devant trouver les différences, appelées ici anomalies. Le côté purement conceptuel est ici bien traduit à l’écran tout comme le versant visuel est impeccablement soigné avec ce corridor immaculé de blanc, parfaitement enclin à nous faire frissonner. D’autant plus que la bande sonore est génialement angoissante et agressive, en totale adéquation avec ce huis-clos souterrain. On peut donc dire que lors du premier tiers on se prend au jeu et le côté ludique nous stimule assez bien.
Cependant, il est clair que « Exit 8 » ne tient pas la distance sur un long-métrage de plus d’une heure et trente minutes. Ce qui peut être sympathique en jeu, puisque le joueur a la mainmise sur l’évolution de la partie, se transforme ici en frustration et en lassitude pour le spectateur. À la limite, un court-métrage aurait été impeccable et plus approprié. Las, on finit par être fatigué par les retours et erreurs successifs du personnage principal. On comprend également le fait de vouloir densifier le simple côté conceptuel par un peu de fond et un discours sur certains aspects de la société japonaise comme la peur d’être père et la déshumanisation par le travail. Néanmoins, c’est fait de manière un peu trop forcée et scolaire au point d’alourdir le tout. Quant aux frissons attendus, ils ne viendront jamais, tant le long-métrage semble fuir la peur et la terreur. Une seule scène est un peu écœurante (celle des rats) mais sinon c’est l’encéphalogramme plat et une nouvelle frustration. On finit donc par avoir bien vite hâte que notre bonhomme sorte du métro/gagne le jeu. Une fausse bonne idée en somme.
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