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Excursion corporative

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Rémy Fiers

Séminaire sans menu.

Des séries B horrifiques et/ou gores au sein desquelles un groupe de personnes se retrouve enfermé en vase clos pour X ou Y raison tordue, il y en a des dizaines. Récemment, on a eu l’un des summums de ce sous-genre avec le magistral et génial « The Menu » où un chef cuisinier retenait ses convives sur une île pour leur faire une leçon de cuisine bien particulière. Plus anciennement, on a eu un film devenu culte avec le temps intitulé « La Cabane dans les bois » où des jeunes partaient en chalet pour un weekend de fête et où ils allaient être emprisonnés pour ce qui allait être quelque chose de totalement inattendu, loin des canons et attentes du genre (en l’occurrence fantômes ou boogeyman). Mais on peut citer aussi le sympathique « The Belko Experiment » avec ses employés retenus dans un immeuble blindé pour une expérience sociale extrême ou le raté « Opus » où des journalistes devenaient captifs d’un gourou de secte au fin fond du désert. Ici, dans le cadre d’un séminaire d’entreprise, une demi-douzaine de cadres sont enfermés dans une villa high-tech. C’est « Corporate Retreat » et il se place dans le fond du panier de ce type de productions.

Certes, le film n’est aussi catastrophique que sa réputation et sa distribution ne le laissaient penser. En effet, cette série B plutôt courte se regarde sans déplaisir grâce à sa générosité bis et une mise en scène correcte. Néanmoins, durant toute la projection on se demande ce qu’aurait pu donner un postulat tel que celui-ci aux mains d’artisans confirmés et racés tels que Curry Barker, réalisateur du récent carton « Obsession », ou, plus imposant encore, d’un Sam Raimi. Un cinéaste qui sait manier gore et humour noir comme personne, avec fluidité et maestria. Car, heureusement, « Corporate Retreat » se aussi sarcastique et second degré que gore et tendu. Le total premier degré aurait eu définitivement raison de notre patience. Sauf que, malheureusement, cet aspect n’est pas assez poussé, la noirceur humoristique reste trop timide pour qu’on se marre vraiment. Tout juste peut-on sourire à quelques reprises mais ce n’est peut-être pas dans les moments les plus désirés.

D’un côté, le gore est tellement poussé à son paroxysme (et bien exécuté) que les amateurs pourront se repaître de certaines séquences, notamment celle de la cuillère et de l’œil dont on se souviendra. On dirait cependant que cet excès d’hémoglobine (au demeurant totalement farfelu) est présent pour masquer l’indigence d’un scénario prétexte, dont les motivations derrière tout cela sont complètement débiles. Et c’est sans compter les invraisemblances (aussi bien dans le gore que dans le comportement des protagonistes). C’est là la seconde occasion de rire mais certainement pas voulue : les personnages agissent comme des idiots. Leurs personnages sont fades et clichés en plus d’être incarnés par des acteurs ne jouant pas toujours juste. Et que leurs interactions sont idiotes! Comme ils sont joués par des comédiens de seconde zone, cela n’aide pas, excepté Alan Ruck de « Succession » qui, lui, est en totale roue libre. Et mention à la seule vraie tête connue du groupe, Rosanna Arquette, dont le sort s’apparente à du foutage de gueule. Il y a cependant quelques bonnes idées dans la torture et tout comme des plans réussis, sans compter un savoir-faire technique et une complaisance dans la violence qui font passer la pilule si on est indulgent.

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