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Dream Eater

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3.5Très bon
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Très bon
Rémy Fiers

Somnambulisme de l'effroi.

Que cela fait du bien de voir la vitalité du cinéma de genre, particulièrement le cinéma horrifique et fantastique qui semble être celui le plus à même de rameuter le public en salles depuis quelques temps tout en ne cessant de se renouveler comme il y a une vingtaine d’années. Et, souvent, avec des budgets peu importants voire microscopiques. Et ce « Dream Eater » rentre dans cette case et nous rappelle au bon souvenir de films tels que « Le projet Blair Witch » ou « Paranaormal Activity » car il a été tourné avec des bouts de ficelle et utilise beaucoup (mais pas que) le fameux found-footage à la mode dans les années 2000 et des images de caméra de surveillance. Cependant, loin d’être une pâle copie, le film fait entendre sa propre voie. Faisant monter la tension crescendo, il use du somnambulisme pour nous scotcher à notre fauteuil et il y parvient à merveille, s’avérant peut-être l’une des meilleures choses que l’on peut voir sur le sujet, bien plus réussi que le surestimé sud-coréen « Sleep » ou que le suédois « Sleepwalker ».

Ce tout petit film canadien par les moyens mais grand par les ambitions a été entièrement écrit et tourné par trois amis dont deux interprètent les rôles principaux ce qui permet une belle économie de moyens. Et le plus surprenant c’est que Mallory Drumm et Alex Lee Williams, qui donnent aussi leurs prénoms aux personnages ajoutant à la confusion entre réalité et fiction déjà enclenchée par les images filmées caméra à l’épaule par le camescope, sont étonnamment bons en tant que comédiens. Attention, on ne parle pas de prestation à récompenses dignes des plus grands rôles mais d’un jeu juste dont la plupart des films d’horreur sont très loin de pouvoir sa vanter. Cela accentue clairement notre adhésion à leur cauchemar.

« Dream Eater » utilise beaucoup de ressorts connus du cinéma d’épouvante, du fameux found-footage cité précdemment à la peur de l’obscurité en passant par la suggestion et des jump-scares terriblement efficaces. Et sur ce dernier point, c’est devenu de plus en plus rare! Car oui, ce petit film d’horreur fait véritablement peur. Et même si les ressorts de frayeur sur lesquels il repose sont redondants, cela fonctionne. Et plus le film avance, plus c’est angoissant et effrayant. Durant la dernière demi-heure on est même littéralement terrorisé d’autant plus que le nœud de l’intrigue, à défaut d’être révolutionnaire, est plutôt bien foutu. On comprend qu’Eli Roth ait choisi de présenter ee film pour lequel il a eu un coup de cœur. À la fois simple mais terriblement efficace et avec une petite voix singulière, « Dream Eater » frappe fort et on a hâte d’avoir des nouvelles de ces cinéastes.

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