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Dracula

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Rémy Fiers

Nanar aux dents longues.

Si ce n’est son sincère et sympathique dernier film, « Dogman », qui retrouvait une partie de l’ADN de sa première partie de carrière, la filmographie de Luc Besson est devenue vraiment triste. En effet, le XXIème siècle n’a pas réussi au plus grand cinéaste populaire français de la fin du siècle dernier. Si certains de ses films ont été de gros succès comme « Lucy » ou la saga « Arthur et les Minimoys », on ne peut pas dire que ce fut très qualitatif. Il semble déconnecté, dépassé et incapable de moderniser son cinéma et de l’adapter à son époque. En ce sens, sa version du roman de Bram Sotcker est symptomatique de ce constat avec un résultat kitsch, ridicule et pénible.

Déjà, quelle idée de se lancer dans une énième adaptation du mythique comte Dracula. On sort à peine de celle de Robert Eggers, avec un « Nosferatu » de belle facture, et le cinéaste roumain le plus excentrique qui soit, Radu Jude, va nous proposer une autre version, probablement complètement folle, à la fin de l’année pour rendre hommage au mythe le plus vivace de son pays, la Roumanie. Entre toutes les itérations, déclinaisons et variations du célèbre vampire, il fallait qu’il propose quelque chose de vraiment fort ou différent pour nous conquérir. Malheureusement, on en est très loin tant son « Dracula » sent la naphtaline et rate presque tout ce qu’il entreprend.

Le parti pris est celui du romanesque et de l’amour en premier lieu. Et, comme à son habitude, Besson n’y va pas avec le dos de la cuillère. Le romantisme ici est asséné à coup de massue, de symbolisme dépassé et de dialogues niais. On est davantage consterné qu’envoûté par ce déferlement de guimauve. La narration est hasardeuse et pas toujours dans le sens de la logique et au niveau de la mise en scène c’est vraiment quitte ou double. S’il sait toujours se servir d’une caméra de manière ample et parfois esthétique, les qualités techniques du film sont noyées dans des gimmicks oscillants dangereusement entre le kitsch de mauvais goût et le baroque excessif (il n’y a qu’à voir la dégaine de son Dracula âgé).

En outre, il semblerait que Besson ne sache plus diriger ses acteurs. C’est un festival de comédiens en roue libre aux visages grimaçants (et agacants). Caleb Landry Jones (excellent dans « Dogman » et nouvelle égérie du cinéaste) n’est pas vraiment convaincant dans le rôle-titre et Christophe Waltz reprend ses pires habitudes quand il est mal dirigé tandis que Guillaume De Tonquédéc se noie dans des expressions cartoonesques faisant penser qu’il joue dans une comédie. Alors si la reconstitution hésite entre l’opulence et le fauché et que les idées saugrenues abondent (les gargouilles animées semblant sorties d’un Disney), on ne peut s’empêcher de penser qu’on est face à un navet de luxe qui sombre involontairement dans le ridicule. Deux heures particulièrement pénibles!

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