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Douceur amère

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Rémy Fiers

Toxic Fan.

Les concerts pop sont source de bien des sujets de films. Il y a quelques années on a eu un film méconnu de Brady Corbet, l’auteur du monumental « The Brutalist », qui se nommait « Vox Lux » avec Natalie Portman en star de la pop traumatisée par une fusillade à son lycée durant sa jeunesse pour un film psychologique étrange entre analyse sociétale et discours souterrain sur le traumatisme et notre monde malade. On a aussi eu le bon gros navet de M. Night Shyamalan où, en mode thriller totalement invraisemblable, le concert d’une star de la pop servait de piège pour un tueur en série; c’était « Trap ». Et, plus récemment, le film canadien « Lurker » parlait clairement de fan toxique et de célébrité déconnectée. Pour son premier film, la canadienne Emma Higgins se sert du même écrin avec une pop star et une de ses fans les plus intenses comme personnages principaux. Mais elle le sert à la sauce « Misery » puisque ladite fan va prendre en otage de force le chanteur qu’elle vénère après un concours de circonstances.

« Sweetness » sent le premier film un peu fauché mais cela lui donne un petit charme certain. Le générique, de toute beauté, est semblable à un clip de musique pop tendance rock gothique et il sied donc parfaitement comme mise en bouche à ce qui va suivre. Le début du long-métrage commence de manière très classique et le script va glisser de plus en plus vers l’imprévisible, même si on a l’impression d’avoir vu ce type d’engrenage qui part dans tous les sens ailleurs et dans bien d’autres circonstances cinématographiques. On ne perd pas de temps et les événements s’enchaînent sans aucune baisse de rythme mais il faut avouer que certains rebondissements sont quelque peu poussifs, outranciers et invraisemblables. Par exemple, difficile de croire que le jeune homme ne parvienne pas à échapper face à ses deux adolescentes...

La mise en scène d’Higgins colle assez bien au sujet même si elle alterne images prometteuses et réalisation apparaissant quelque peu datée. « Sweetness » s’avère plutôt surprenant sur bien des aspects notamment sur son épilogue inattendu et tordu mais encore une fois peu crédible. On l’apprécie en se disant que ce n’est que du cinéma. Le film n’est cependant pas toujours pleinement convaincant comme pour son discours sur les fans toxiques, la dépendance aux drogues ou le besoin de s’attacher à quelque chose ou quelqu’un pour surmonter un deuil. Sur ces points, le film enfonce des portes ouvertes ou reste en surface, de manière très superficielle. À défaut d’être totalement convaincant et maîtrisé, voilà une petite série B adolescente prometteuse et parfois génialement tarée.

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