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Dossier 137

Critiques des membres

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4Excellent
5 critiques des membres
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5 critiques

Excellent
Gino Coutu

Presque révoltant !!!

Excellent film mais quasiment enrageant de voir le système. Excellent film

Excellent
Anarkias DOULOS

DOSSIER FOUILLÉ

Dossier 137 est un film politico-policier, loin de l'action frénétique d'un Costa Gavras, qui avance lentement, mais inexorablement, scène après scène, dans sa claire dénonciation de certaines pratiques inadéquates de la police et de l'administration qui doit veiller à leurs bons comportements. Le jeu sans fard et sans effet de manche de Léa Drucker, d'une justesse sans faille, pose le film dans une atmosphère naturaliste quasi-documentaire. Le film est fascinant et captivant. À voir !

Parfait

Réalité plus +++

Excellent

Très bon
Sébastien Veilleux

Suivre la procédure

C’est un film procédural, on nage dans la bureaucratie jusqu’au cou. Ça se passe durant les manifestations des gilets jaunes en France en 2018. Les plaintes contre les policiers s’accumulent. Une équipe de la police interne est chargée d’enquêter sur un jeune manifestant handicapé à vie après avoir reçu une balle de défense (LBD) à la tête.

Comme son titre le sous-entend, c’est une plainte parmi tant d’autres. Il faut suivre la procédure, cocher toutes les cases et passer à l’affaire suivante. Le taux d’inculpation des policiers est très bas. Mais ce dossier, Stéphanie (Léa Drucker) en fait une affaire personnelle, ce qui est contraire au règlement.

J’avais adoré La nuit du 12 et j’ai préféré Dossier 137. Avant d’obtenir les images captées par les caméras de surveillance, il faut trouver les numéros de série et faire une demande en bonne et due forme. L’action se déroule rapidement, les procédures sont ellipsées au montage, mais la charge mentale qui en résulte nourrit le suspense et l’ambiance du film.

Léa Drucker est fabuleuse en policière qui lutte contre elle-même pour ne pas prendre cette affaire trop à cœur. L’expression de son visage semble éteint, mais c’est un réflexe professionnel. Si vous avez aimé des films comme Polisse, Les misérables et La nuit du 12, vous allez être comblé avec Dossier 137.

Merci à Cinoche.com pour l’avant-première

Excellent
Rémy Fiers

Dossier brûlant et d'utilité publique.

Après l’immense film policier « La Nuit du 12 », Dominik Moll nous assène une seconde claque avec un film d’investigation sur les violences policières. Le cinéaste avait été révélé en grande pompe il y a vingt-cinq ans avec « Harry, un ami qui vous veut du bien » puis « Lemming ». Il a ensuite connu une traversée du désert avec des œuvres généralement moins convaincantes durant une quinzaine d’années. Il s’agit là d’un retour en grâce avec ce coup double enchaîné. Mieux, ce « Dossier 137 » figure comme notre Palme d’or du cru 2025. On confirme donc que le palmarès rendu cette année nous apparaît en dépit du bon sens et que le jury ne devait pas avoir les yeux en face des trous. En effet, le film est reparti bredouille malgré l’engouement général et sa force de frappe politique et artistique.

Il manquera peut-être juste une chose à ce film. Un droit de réponse. On s’explique. Un peu comme « BAC Nord » prenait le point de vue de la police et « Les Misérables » celui des jeunes de cité il y a quelques années concernant les banlieues et leurs rapports avec la police, il faudrait qu’une œuvre future prenne le point de vue de cette dernière sur les violences des forces de l’ordre ainsi que les casseurs et dégradations durant la période des Gilets Jaunes. Pour équilibrer et pour que ce soit plus juste pour tout le monde car rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. Malgré tout, « Dossier 137 » parvient à ne pas être trop manichéen et à apporter de la nuance. Même si dans le cas précis qui a inspiré le film, la police demeure inexcusable.

On part donc d’une enquête suite à un tir de LBD qui a entraîné de graves blessures pour un jeune homme venu manifester pacifiquement. « Dossier 137 » sera donc un film d’investigation tendu et fouillé pour retrouver les coupables et comprendre leur geste, mais surtout voir s’ils ont agi en dehors du cadre légal. Durant deux heures, on ne lâchera pas cette enquête passionnante au scénario méticuleux. Moll alterne les points de vue, fait interagir tous les intervenants et devient également et aussi bien un film témoin qu’un film pédagogique qui revient sur le fonctionnement de l’IGPN. Bien sûr, c’est également une oeuvre profondément politique puisqu’il nous présente un pays qui va mal, qui ne fonctionne plus et dont les institutions prennent l’eau. Le long-métrage a le bon goût de ne pas diaboliser la police et de montrer la complexité de ce genre d’affaires. Il explique mais n’excuse pas dans un équilibre fragile mais bien tenu.

En outre, la documentation derrière le film, que ce soit dans la manière dont est conduite l’enquête ou celle dont on traite ce genre d’affaires flirte avec la perfection. Jamais trop vague pour être taxée d’approximation et jamais trop complexe, didactique ou touffue pour ne pas confronter le spectateur à l’ennui ou l’incompréhension, laissant ainsi le spectateur dans cette zone de divertissement qui fait le plaisir de la salle de cinéma. Le récit est tendu, millimétré et toujours prenant. Et puis il a ce côté humain, presque humaniste, où chaque personnage peut être compris même dans ses actes les plus répréhensibles. Le réalisateur utilise toutes les techniques de mise en scène moderne et adaptées à son histoire avec une maîtrise confinant au génie.

Enfin il y a la prestation des acteurs au sein d’une distribution de seconds rôles parfaitement castés. Mais c’est bien évidemment la grande Léa Drucker qu’on ne cesse de redécouvrir depuis le tout aussi immense « Jusqu’à la garde », qui lui avait valu un César, qui livre une partition de très haut niveau. Il est d’ailleurs fort probable qu’elle soit nominée et qu’elle décroche une seconde fois la récompense cette année. Ici, de tous les plans, elle bouffe littéralement l’écran dans un rôle complexe qu’elle empoigne avec un naturel désarmant. De son attachement à un chat qui permet de l’humaniser intelligemment à sa ténacité sur l’affaire ou encore à sa perspicacité sur la police et ses violences, elle nous scotche. Et son monologue final sur l’affaire et les lourdeurs/errances administratives qui parle tout autant de nos sociétés et notre monde malade finit de parfaire ce très grand film d’utilité publique. On dit jamais deux sans trois! Le troisième uppercut de cinéma est attendu pour Monsieur Moll!

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