Le Multivers est à la mode et pas que chez Marvel! Souvenez-vous, il y a un mois, le film qui fait le buzz et cartonne aux USA, l’OVNI « Tout, partout, tout à la fois », mettait également cette notion au centre de son intrigue. Mais, contre toute attente et certainement pas mal de cinéphiles, l’auteur de ces lignes a davantage adhéré à ce « Doctor Strange and the Multivers of Madness » qu’à la production du studio A24 que l’on avait trouvé certes très originale mais brouillonne et fatigante. Ici, ce concept plutôt abstrait et en rapport avec la physique quantique est vulgarisé et rendu ludique. On ne doit pas s’écharper les neurones pour suivre et ce n’était pas gagné. Et, après le carton du dernier « Spider-Man », ce dernier segment du Marvel Cinematic Universe apporte une nouvelle pierre à cet édifice impressionnant. Certes, le film est non dénué de défauts et vire encore à la formule entre fan service et lourd cahier des charges, mais la plupart du temps c’est réussi et divertissant. En outre, ici il y a un petit plus : c’est le film du MCU où la patte du réalisateur se fait le plus sentir avec « Thor : Ragnarok » et sa folie comique et le magnifique, poétique et empreint de nature « Les Éternels ». Et on ne va pas s’en plaindre.
Ici, c’est Sam Raimi qui prend les manettes après que Scott Derrickson, réalisateur du premier opus avec le Docteur mais aussi de l’immense film d’horreur « Sinister », ait quitté le navire. Et cela se voit. L’ADN de la filmographie de ce cinéaste qui a enchaîné beaucoup de films d’horreur et gores avant la première trilogie « Spider-Man » se retrouve ici et le choix semble presque évident. Cependant, ne vous attendez pas à de l’horreur pure ou à du gore, mais des traces, des obsessions et les goûts du réalisateur se reconnaissent clairement. D’un Doctor Strange zombie à une Sorcière rouge qui possède les âmes en passant par quelques séquences gentiment sanglantes, ce sont des choses qu’on ne voit pas souvent chez Marvel et cela fait du bien. Un opus jubilatoire par ses changements d’univers (on aurait tout de même aimé que le principal de l’action ne se situe pas seulement sur deux ou trois univers) et gentiment horrifique par son intrigue et quelques séquences au visuel rappelant le cinéma de genre. C’est d’ailleurs encore une fois un enchantement de tous les instants sur la forme. Les effets spéciaux sont juste incroyables et on ne voit quasiment pas la présence de fonds verts ni de trucages. Les artisans derrière tout cela parviennent à nous faire croire en tous ces mondes et nous immergent dans ce Multivers de la plus belle des façons. Dans un autre genre c’est aussi beau que « Les Éternels » sauf qu’ici tout est faux et dénué de décors naturels. « Doctor Strange and the Multivers of Madness » c’est toute la magie du cinéma à grand spectacle dans un train fantôme fou et généreux.
On regrette peut-être le côté un peu prévisible ou tout est bien qui finit bien car, sur celui-ci, c’était l’occasion d’être plus nuancé ou de terminer en évitant le happy-end. Mais comme on l’a dit, c’est la recette Marvel qui prime. De la même manière, on trouve qu’il y a peut-être un abus de sorts, de rituels et de sortilèges permettant toujours aux héros ou aux vilains de s’en sortir... Mais comme on est dans le domaine du fantastique et de la science-fiction tout devient – presque malheureusement – possible sur le plan narratif. Enfin, notons deux surprises. Elizabeth Olsen en Sorcière rouge et antagoniste surprenant du film se révèle peut-être la meilleure actrice de tout le MCU. Ensuite, on va dire sans rien déflorer que ce film réserve une sacrée surprise qui va permettre aux architectes de ce monstre cinématographique qu’est le MCU de s’étendre encore et de relier toutes les tribus, univers et personnages de leur escarcelle. Et pour le coup, c’est plutôt bien amené et fait. Du fan service certes, mais de haut niveau. « Doctor Strange and the Multivers of Madness » est donc une bonne surprise en plus d’être un opus qui sort du lot. Mais attention, encore et encore et même si on voit une envie de faire bouger un peu les lignes : la lassitude guette!
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