Adopter son enfant.
Pour voir comment ça se passe en France.
Pour voir comment ça se passe en France.
Très Belle composition lumineuse de Monia Chokri d’un animal sauvage complètement dégriffée dans Paris et d’aplomb d’une assurance déterminée…Et cette nouvelle « perle » ? Ella Rumpf* d’une étoffe de même fabrique exceptionnelle que Marion Cottilard…ce hochement de tête et ce regard déjà trace une trajectoire à la Charlotte Rampling…
Le scénario ?...tellement basé sur des faits réels « précis » que ça devient
du Marie-Maude Denis d’« Enquête ». La réalisation ? La mise-en-scène ? La mise en image & montage de ce Premier Long sont à considérer pour un financement du prochain projet ?
*Sous contrat avec MGM, Mayer lui aurait fait changer de nom de famille
Alice Douard réalise ici son premier film de cinéma et choisit de mêler la comédie romantique queer avec un fond social. Ou plutôt sociétal puisqu’il s’agit de revenir sur la loi Taubira établissant le mariage pour tous ainsi que l’adoption pour les couples du même sexe. Et en parallèle sur le fait que la PMA et la GPA n’étaient pas autorisées (c’est toujours le cas pour la seconde) obligeant l’autre mère dans le cas d’un couple lesbien à faire une demande d’adoption. C’est sur ce canevas que va se déployer l’intrigue de « Des preuves d’amour » qui se déroule donc en 2014 et nous présente bien les nombreux défis et soucis administratifs d’avoir un enfant pour un couple de femmes.
Le long-métrage ne prend pas totalement le parti du film à thèse (et tant mieux) ce qui ne l’empêche pas de bien développer et vulgariser les enjeux en rapport avec cette situation. D’un autre côté, la partie romantique et les quelques notes d’humour se marient bien à l’ensemble. On peut donc affirmer que "Des preuves d’amour » parvient à trouver un équilibre de ton et bien mélanger les genres. En revanche, les scènes de groupe, donc hors du couple, sont les plus réussies. Ce sont celles où les deux femmes partent à la chasse aux lettres de proches validant la procédure d’adoption, que ce soit des amis ou la famille. Entre ceux qui tombent dans les clichés sur le sujet et ceux qui ne comprennent pas, il y a des moments amusants et des moments choraux bien sentis.
La mise en scène d’Alice Douard est encore timide mais non dénuée de quelques jolies scènes et on apprécie le regard réaliste et surtout plein de tendresse qu’elle porte envers ses personnages. « Des preuves d’amour » n’est pas un film parfait, ni un immanquable mais on passe plutôt un bon moment et notamment grâce aux actrices. Ella Rumpf confirme, après son rôle de mathématicienne dans « Le théorème de Marguerite », tout le bien que l’on pense d’elle en proposant une partition pleine de sensibilité et parfois émouvante quand Monia Chokri montre, l’air de rien, un tempérament comique inattendu. Enfin, l’inénarrable Noémie Lvovsky continue de nous enchanter devant la caméra depuis qu’elle a abandonné le derrière.
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