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Dalloway

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Très bon
Rémy Fiers

ParanoIA.

Il y a fort à parier que les films sur l’intelligence artificielle vont fleurir dans les années qui viennent et sous toutes les formes. C’est dans l’actualité comme ont pu l’être les films post-MeToo depuis une décennie. Avant les cinq dernières années, l’IA apparaissait surtout dans de gros films de science-fiction, de l’inévitable saga « Terminator » et son Skynet au film tout simplement baptisé « I.A. Intelligence artificielle » de Steven Spielberg. Maintenant que cette composante fait clairement partie de notre quotidien, on a droit à divers avatars, que ce soit dans la comédie romantique mais surtout dans la série B à tendance horrifique comme l’ont prouvé les navets « M3GAN » et « L’IA du mal » récemment. La France s’y met aussi cette rentrée avec le blockbuster « Chien 51 » et ce « Dalloway » de Yann Gozlan. Un cinéaste qui a prouvé qu’il était doué dans le domaine du suspense quel qu’il soit, du violent huis-clos « Captifs » au thriller littéraire « Un homme idéal » en passant par le carton « Boîte noire ».

Avec son nouveau film, après le bide de « Visions », Gozlan s’essaie à un nouveau type de suspense : celui d’anticipation. Dans « Dalloway », l’intelligence artificielle et domotique est partout et notre société vit avec elle sur bien des aspects en plus d’un glissement prononcé vers l’ultra surveillance. Il adapte un roman de Tatiana De Rosnay et nous prouve une nouvelle fois ses talents pour maintenir une tension et enclencher le crescendo de la paranoïa à bon escient. Dès les premières séquences, le film nous plonge dans un environnement futuriste (et réaliste) épuré qui va devenir de plus en plus anxiogène. Les rebondissements sont là et le long-métrage tient le rythme sans faiblir durant près de deux heures réellement haletantes bien qu’on reste la plupart du temps entre les quatre murs de cet appartement.

On pourra reprocher à « Dalloway » quelques écueils bien sûr. En premier lieu, il faut avouer que le déroulement de ce thriller est peut-être un peu prévisible sur bien des points et que le discours sur les dangers de l’IA est convenu et n’a rien de révolutionnaire. Ensuite, la conclusion du film est peut-être aussi un tantinet décevante en comparaison de tout ce qui a précédé. Mais le bilan reste positif et Cécile de France, totalement investie et crédible dans un rôle où elle joue souvent seule, emporte largement la mise. Et, comme toujours, la mise en scène de Gozlan est en totale adéquation avec le sujet, se faisant moderne et épousant parfaitement les contours de cette résidence futuriste en plus d’être louche bien qu’on sente un budget limité, notamment sur les extérieurs. Il rend le futur présenté ici tout à fait tangible. Puis ce discours en fond sur les dérives d’une société de surveillance et les excès totalitaires des mesures Covid est forcément jubilatoire. Surtout cinq ans après, il fait plaisir de voir cela dans un film grand public même si cela reste inoffensif. Enfin, le thème de l’IA concernant la création artistique arrive ici à point nommé après qu’il ait secoué récemment Hollywood au travers de grèves donnant à « Dalloway » un fond réflexif plus que dans l’air du temps.

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