Un personnage tel que celui de Cruella Devil se devait bien d’avoir un film rien que pour lui! C’est désormais chose faite et avec panache et brio. Glenn Close avait déjà croqué le personnage de manière fort appréciée dans l’adaptation live (et prémonitoire vu la frénésie actuelle de remakes estampillés Disney de ses propres classiques animés) de « Les 101 dalmatiens » et de sa suite. Mais comme pour Catwoman par exemple, vue dans différents films avec différentes actrices, ce personnage truculent méritait bien un nouveau souffle et un film entièrement dédié. Et c’est peu dire que c’est bien plus réussi et moins niais que le boursouflé « Maléfique », premier film en prises de vues réelles consacrée à une vilaine du catalogue de la firme aux grandes oreilles. S’il n’est pas exempt de défauts de fabrication, ce « Cruella » 2021 est totalement divertissant et jubilatoire.
A n’en pas douter, le principal point fort de ce faux biopic sur cette créatrice de mode au caractère bien trempé est sans conteste sa direction artistique flamboyante. Le visuel de « Cruella » nous en met plein les yeux durant plus de deux heures non-stop. La mise en scène de Craig Gillepsie (« Moi, Tonya ») est aérienne et s’accorde parfaitement à des effets spéciaux de toute beauté. La caméra vole littéralement à travers les personnages et les situations, nous gratifiant même de quelques plans-séquence du meilleur effet. Et que dire des décors, tous travaillés de manière minutieuse, et surtout des costumes, véritablement impressionnants. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu tel déballage de tissus en tous genres, de créations de mode aussi inventives et de figurants tous aussi bien habillés que les personnages principaux. Un véritable régal pour les yeux que l’on soit féru de mode ou pas. La costumière devrait sans mal se retrouver dans les nommés aux Oscars l’an prochain. Enfin le duel des Emma est tout à fait réjouissant. Emma Stone qu’on n’attendait pas là interprète une Cruella de haute voltige, plus humaine mais tout aussi démente. Quant à Emma Thompson, elle se régale (et nous avec) à incarner une patronne de mode tout aussi infecte que Meryl Streep dans « Le Diable s’habille en Prada », auquel le film fait souvent penser. Sans pour autant être dans le plagiat néanmoins. Leurs tenues et coiffures à toutes les deux sont un plaisir oculaire indéniable.
L’histoire concoctée pour créer un passé au personnage en vaut une autre et s’avère inscrit dans un monde un peu plus réaliste et prégnant. Loin d’être manichéen, Cruella en devient presque attachante face à plus vilain qu’elle. Un air de Harley Queen parfois pourrait-on dire… En revanche, le gros point noir du long-métrage est clairement son excessive durée pour un film familial comme celui-ci : deux heures et quinze minutes. Il est clair qu’une partie aurait facilement pu être enlevée, disons une vingtaine de minutes, car il y a pas mal de redondances et que toutes les scènes n’étaient pas indispensables. Le personnage de Mark Strong et quelques seconds rôles sont également un peu sacrifiés. Mais ce « Cruella » est un réel plaisir aussi bien esthétique que sur le pan du divertissement pur et se classe parmi les meilleures Disney en prises de vues réelles. Quant à la bande originale, elle est tout aussi démente que le rendu du contexte seventies. Une excellente surprise!
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.