Même si à priori l’on peut trouver incongru d’adapter des manèges de parc d’attraction en long-métrages de cinéma, la saga « Pirates de Caraïbes » nous a prouvé qu’un tel matériau de base pouvait occasionner d’excellents divertissements. Donc, au final, pourquoi pas. Ce n’est en effet pas plus saugrenu que de mettre en images des jouets (les sagas « Transformers » ou « G.I. Joe ») ou des jeux de société (la bataille navale du navet « Battleship » ou le futur « Monopoly »). Et « Jungle Cruise » ne démérite et se place même dans le haut d’un panier, certes pas forcément très qualitatif. La première partie s’avère même des plus réussies. Aucun temps mort, la mise en scène est un modèle de précision, l’intrigue promet un festival d’aventures et de dépaysement, les acteurs sont en grande forme et les paysages, décors et effets spéciaux sont tout à fait éblouissants. Une promesse de grand spectacle et de divertissement qui met l’eau à la bouche.
Dommage donc que « Jungle Cruise » pêche par excès de générosité. Le scénario est dans l’ensemble plutôt linéaire, il s’apparente à la quête d’une sorte de fontaine de Jouvence curative par une doctoresse, son frère et un skipper. Mais les nombreux scénaristes qui se sont affairés sur le script ont cru bon de le gonfler inutilement par bon nombre de sous-intrigues dispensables, un trop-plein de personnages et une fin qui n’en finit pas de finir. Dans la même veine, si la première partie virevolte avec joie, que ce soit la caméra ou les personnages, il y a un creux au milieu et une certaine lassitude s’installe avant que le film ne reprenne sa vitesse de croisière dans la dernière partie. Une durée plus concentrée et une intrigue moins inutilement alambiquée aurait donc rendu le film bien plus digeste. Mais il n’en demeure pas moins un sympathique film d’aventures à l’ancienne, presque suranné.
En effet, les différents « Indiana Jones » nous reviennent fortement en tête bien qu’on ne soit pas dans le plagiat du tout. Le début fait penser au « Temple maudit » quand le final laisse un goût prononcé de « La dernière croisade ». Mais en peut-être plus familial. Collet-Serra est un honnête faiseur d’images et le choix de Disney pour lui confier les rênes de cette potentielle future franchise est compréhensible. « Jungle Cruise » fleure bon les romances d’aventures telle que « A la poursuite du diamant vert » avec une touche de modernité forcément nécessaire pour attirer le jeune public. On est émerveillé par la beauté des images et si on décroche parfois un peu de l’histoire ou de certaines scènes spectaculaires trop longues, c’est techniquement et visuellement très réussi. Quant au couple Emily Blunt et Dwayne Johnson, c’est une paire gagnante et une osmose inespérée. L’ancien catcheur est parfait dans ce rôle et la star de « Sans un bruit » explose de charme. Imparfait mais une bonne surprise tout de même pleine de péripéties, de bonne humeur et de rires : le divertissement familial par excellence.
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