Rien d'innovant
Le duo Affleck-Damon ne produit pas la magie à laquelle il nous a habitué. L'écriture du scénario est un peu bancale. Un film plutôt banal dans son genre, sans être mauvais, avec de rares bonnes idées.
Le duo Affleck-Damon ne produit pas la magie à laquelle il nous a habitué. L'écriture du scénario est un peu bancale. Un film plutôt banal dans son genre, sans être mauvais, avec de rares bonnes idées.
Double plaisir avec le premier gros blockbuster Netflix de l’année : celui de retrouver le réalisateur de « Narc », Joe Carnahan, derrière un bon film qui sent le soufre et la poudre comme on les aimait de sa part et celui d’assister aux retrouvailles cinématographiques de deux acteurs amis dans la vie découverts avec « Will Hunting » il y a trente ans, Ben Affleck et Matt Damon. En effet, Carnahan a enchaîné les bons films d’action dans les années 2000 après son coup d’essai, de « Mi$e à prix » à « Le Territoire des loups ». Depuis ce dernier en 2012, ses films sont devenus au mieux regardables (« Copshop » ou « Boss Level ») et destiné aux plateformes, au pire complètement nuls comme le récent « Shadow Force ». Entre ça et des séries oubliables, on est content d’assister à un projet réussi et digne de ce nom qui ressemble à ses premiers films. Quant au duo d’ex-premiers de la classe et sex symbols d’Hollywood, les voir de nouveau ensemble à l’écran plus de vingt-cinq ans après « Dogma » est réjouissant. À noter qu’ils ont partagé l’affiche de « Le dernier duel » ensemble mais Ben Affleck avait un rôle très secondaire et quasiment aucune scène avec Matt Damon et que de ce dernier a tourné pour le premier dans « Air ».
Les quinze premières minutes de « The Rip » ressemblent à une palanquée de films du même genre. Des flics, du narcotrafic, des pourris, des tueurs de flics, des cartels, de la drogue, de l’argent sale et l’inspection de la police, tout cela à Miami. Rien de bien nouveau sous le soleil de la ville du blingbling. Mais une fois l’intrigue enclenchée et notre bande de flics circonscrits dans une planque où sont cachés 20 millions de dollars, le long-métrage va nous happer pour ne plus jamais nous lâcher. On entre dans une sorte de whodunit où on tente de découvrir qui sont les gentils flics et qui sont les mauvais. Et c’est vraiment prenant et intrigant. Sans une seule baisse de rythme on va passer une bonne heure et demie à tenter de démêler le vrai du faux dans un climat sous haute tension du meilleur effet.
Carnahan a le don pour filmer de bonnes scènes d’action où ça pète dans tous les sens et il instaure un climat nocturne inquiétant en plus d’être très agréable à l’œil. Les séquences dans le quartier résidentiel noyé dans la pénombre convoleraient presque avec le film de genre. La clique de personnages est incarnée par une distribution impeccable même si les rôles frôlent les caricatures inhérentes au genre. Lorsque vient le temps des révélations, on est délicieusement estomaqués et la mécanique de l’intrigue est parfaitement huilée même si le trop-plein explicatif final avec nombreux flashbacks à la clé pourra en énerver certains. En revanche, le film aurait pu s’arrêter dix à quinze minutes avant. La dernière ligne droite qui se voit dans l’obligation d’en rajouter dans les fusillades et les courses-poursuites est complètement dispensable, générique et clichée. Si ce n’est cela, « The Rip » est un bon gros polar musclé avec une dose de suspense comme on l’aime, comme un revival du cinéma bourrin des décennies passées.
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