Publicité

Christy

Critiques des membres

Rédiger une critique

3Bon
1 critique des membres
  • 0
  • 0
  • 1
  • 0
  • 0

1 critique

Bon
Rémy Fiers

Hors des cordes.

Voilà un sous-genre qui semble être un vivier sans fond : les films de combats sur le ring! On a droit à au moins deux ou trois avatars du genre par an! Et là-dedans, il y a plusieurs catégories entre les histoires vraies ou biopics (comme ici ou l’an passé avec « The Iron Claw » et sa famille de lutteurs) ou les scripts complètement inventés comme les chefs-d’œuvre que sont « Million Dollar Baby » ou « Warrior ». Mais on peut aussi scinder en deux ce type de films entre ceux qui restent des histoires d’hommes et ceux, plus rares, qui dressent des portraits féminins. « Christy » fait partie de cette dernière catégorie en racontant l’histoire vraie de la première vraie boxeuse américaine, celle qui a donné de la visibilité à ce sport chez les femmes sur la scène internationale. D’ailleurs, le film de David Michôd élude totalement cet aspect, celui de l’impact de cette femme sur ce sport. On ne lui en voudra pas, on ne peut pas tout traiter sur un seul film.

« Christy » se concentre sur deux grandes lignes narratives exclusivement. L’une est plus classique et moins roborative : c’est la partie qui montre l’entraînement, les combats et les succès qui vont avec. On a déjà vu cela maintes fois, encore récemment dans « The fire inside » (resté inédit en salles en France) et le traitement de Michôd n’a rien de révolutionnaire, il est juste appliqué. Puis, on a aussi la relation toxique entre Christy et son entraîneur de mari qui finira sur un drame. Cette partie du long-métrage est bien plus passionnante et traitée avec beaucoup de justesse jusqu’à une séquence de violence conjugale extrêmement choc. Et réussie. En corollaire, planent sur le personnage l’ombre de son homosexualité réprimée par une mère conservatrice et un milieu machiste. Le dernier tiers du film se focalise sur ce versant plus dramatique. Les petites touches insidieuses qui démontrent l’emprise et la violence (physique et psychologique) du mari toxique et la résilience de Christy sont retranscrites avec subtilité. C’est vraiment les moments les plus puissants et intéressants du long-métrage. Et c’est ce qui le sort du lot et l’empêche d’être totalement banal et oubliable.

David Michôd, à qui l’on doit un trio de films très réussis et variés (la révélation « Animal Kingdom », le thriller « The Rover » avec Robert Pattinson et le biopic médiéval et guerrier « Le Roi » avec Timothée Chalamet), revient après une absence de sept ans avec son film peut-être le moins marquant même si « Christy » demeure un beau portrait de femme qui va s’émanciper après avoir subi, une combattante dans tous les sens du terme. Et il faut avouer que c’est un film aux services de ses acteurs, qui leur sert sur un plateau des nominations potentielles aux Oscars. Sydney Sweeney livre ici sa prestation la plus complexe et intense. Elle n’a pas hésité à se changer physiquement et à prendre des coups. Elle fait honneur à la vraie Christy Martin. N’oublions cependant pas Ben Foster qui excelle dans le rôle de ce mari toxique à l’emprise nonchalante mais pernicieuse dont les excès de violence semblent imprévisibles à chaque instant. « Christy » est donc un biopic assez classique dans ses grandes lignes mais qui sort du lot grâce à son traitement des violences domestiques et ses acteurs.

Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.