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Chien 51

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Bon
Alain Pinel

Une science-fiction policière française à la sauce hollywoodienne.

Efficace, extrêmement rythmée. Bon jeu de la plupart des membres de la distribution. Bons effets spéciaux. Développement du scénario un peu trop cliché qui suit bien la recette depuis longtemps établie. Gilles Lellouche y est difficilement compréhensible.

Bon
Rémy Fiers

Léger manque de chien.

Deuxième film français (après « Dalloway ») à sortir sur les écrans cette rentrée et prenant l’intelligence artificielle et ses dérives comme sujet central, « Chien 51 » est également l’adaptation d’un roman. Réalisé par l’un de nos cinéastes les plus habitués aux gros budgets (le bourrin et magistral « Bac Nord » ou le tout aussi impressionnant « Novembre »), c’est une proposition de cinéma très ambitieuse. En effet, rares sont les films de science-fiction en France (même si ici on est plus dans le domaine de l’anticipation ici) doté de moyens de petits blockbusters américains (on parle d’un budget de plus de 40 millions d’euros). Hormis Luc Besson et ses space-opera passés (« Le Cinquième élément » et « Valerian »), il y a peu d’exemple de films de cet acabit. Ou, de vague mémoire, on se souvient de l’oublié et imparfait « Chrysalis » de Julien Leclercq sorti il y a vingt ans mais qui avait un budget quatre fois inférieur.

En plus de cela, « Chien 51 » regroupe tout le gratin à la mode du cinéma français avec un casting quatre étoiles malheureusement pas toujours exploité à sa juste valeur. Le couple en tête d’affiche composé de Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos excelle dans un genre nouveau pour eux (ou presque). On croit cependant moins à leur embryon d’histoire d’amour, totalement inutile et un peu rance (l’un pourrait être le père de l’autre). Et on est un peu frustré du peu de temps de présence à l’écran de Louis Garrel et de Valeria Bruni-Tedeschi, réduits au rang de figurants de luxe. Artus et Romain Duris s’en sortent (un peu) mieux sur ce point. En bref, voilà une production extrêmement ambitieuse sur tous les versants et qui, on l’espère, fera des émules.

Dès les premières séquences, on entre sans sourciller dans cet univers futuriste qui demeure prégnant. Le Paris présenté dans le film semble au plus près d’un réel pas si lointain, tel qu’on peut se l’imaginer dans une dizaine d’années. Au train où les disparités sociales et l’ultra surveillance sont de plus en plus marqués et couplés à la mainmise de l’IA dans nos vies, tout cela n’apparaît plus si fictionnel que cela. Le film va vite prendre le chemin du techno-thriller et nous embarque sans mal dans son enquête policière. Un peu comme le récent « Dalloway », la résolution de l’intrigue ne nous apparaîtra pas révolutionnaire mais presque évidente et attendue. En revanche, les chemins pour y arriver demeurent palpitants et parfois surprenants. Il y a des petits défauts d’exécution de-ci de-là mais on prend notre pied et les qualités sont palpables, de la réalisation musclée de Jimenez à la direction artistique pertinente et qui en met plein les yeux (effets spéciaux de qualité et pas trop invasifs, idées visuelles sympathiques, décors au poil, ...).

« Chien 51 » n’est donc pas loin d’être un très bon film du genre, entre anticipation orwellienne et suspense soutenu. Mais, dans la seconde partie, la tendance s’inverse un peu. On a l’impression qu’on commence à voir davantage les défauts que les qualités du long-métrage sans que celui-ci devienne mauvais pour autant. Par exemple et chose rare, il aurait gagné à être plus long. Les personnages auraient pu être plus fouillés, des pistes mieux explorées et on a même l’impression que tout s’enchaîne trop vite et qu’il manque quelques séquences. On retrouve aussi cette impression au montage, parfois brouillon. Enfin, si ce n’est l’impressionnante séquence dans le simili night-club géant, il manque peut-être d’un final plus impressionnant et marquant. Cela reste un divertissement rare, audacieux et maîtrisé sur bien des aspects mais lui manque le coffre et la profondeur nécessaire pour être véritablement réussi à 100%.

Retrouvez ma critique complète sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.