Le dernier long métrage de Philippe Falardeau est un beau film, c'est indéniable, mais habité par une profonde tristesse, lui conférant une saveur aigre-douce. On rit ou on pleure (ou les deux), mais impossible de rester indifférent. Avec ce mélodrame (genre qui par définition mêle le drame à la comédie), Falardeau a la recette parfaite pour venir chercher un public qui le boudait jusqu'à maintenant, rebuté par ses premières œuvres, probablement trop sérieuses et complexes au goût de celui-ci. Une histoire simple et touchante, des acteurs justes et attachants, tout est réuni ici pour venir chercher l'adhésion du spectateur, inévitablement troublé par cette histoire d'enfant autodestructeur gravement affecté par le récent divorce de ses parents. Le film est loin d'être original et Falardeau risque de perdre en chemin certains cinéphiles plus exigeants, mais prouve par la même occasion qu'il connaît très bien son médium, étalant sans retenu toute la richesse de son talent.