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Carolina Caroline

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3.5Très bon
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1 critique

Très bon
Rémy Fiers

90's sensations.

Un sentiment rare se propage à la vision de ce « Carolina Caroline ». Un sentiment agréable. L’intrigue se déroule dans ce qui semble être l’Amérique de la fin des années 90, maximum début des années 2000. Pas si loin. Mais à la fois si lointain. En plus de retranscrire admirablement et sans fioritures l’ambiance de cette époque bénie, on a l’impression que le film a véritablement été tourné à cette période. C’est probablement voulu de la part du cinéaste Adam Rehmeier dont les précédents longs-métrages n’ont pas eu la chance de sortir en France ou directement en VOD. Mais que cela soit aussi vrai en pratique est bien moins courant. On se croirait vraiment dans ces bons films des nineties qui étaient rediffusé sur les chaînes hertziennes de l’époque, tendance « Thelma et Louise » ou « Sailor et Lula », même si l’histoire ici fait irrémédiablement et volontairement penser à « Bonnie & Clyde ». Une référence dont le film se réclame consciemment avec son duo d’amants braqueurs sur les routes.

Pour que le long-métrage fonctionne autant, il fallait bien sûr un duo de comédiens aguerris et surtout complémentaires. Et il faut bien avouer que l’alchimie entre les tourtereaux gangsters est indéniable. Leur couple est flamboyant, beau et sensuel. La nouvelle scream girl Samara Weaving, que l’on voit dans la moitié des slashers et films de genre depuis quelques années, change un peu de style et cela lui va très bien. En jeune fille rurale qui s’amourache d’un gentil gangster anarchiste, elle est resplendissante. Aussi à l’aise dans la fragilité, la passion amoureuse que la combativité. En face d’elle, le quasi inconnu chez nous Kyle Gallner est une révélation. Un sex-symbol en devenir si Hollywood lui en donne les moyens. Vu dans la perle méconnue « Strange Darling » qui vous retournait le cerveau par son montage malin, il incarne ici un voyou au grand cœur et belles convictions comme on en fait plus. Leur duo fait des étincelles. De leur rencontre à leurs ébats en passant par l’issue de leur relation tumultueuse, on y croit et on s’émeut avec eux. On les aime, on les soutient, on les pardonne jusqu’au point de non-retour. Un beau casting complété par le second rôle de la revenante Kyra Sedgwick qui, en une scène terrifiante de méchanceté, nous rappelle à son bon souvenir.

« Carolina Caroline » n’a rien de follement original sur le papier. Il y a vingt ans il serait peut-être même passé inaperçu. Mais, aujourd’hui, il résonne comme un écho d’un cinéma classique qui faisait vibrer. Alors oui, il y a une corde nostalgique d’un certain cinéma d’exploitation qui résonne en nous. Mais sans tomber dans l’exercice de style ou le fétichisme béat. La patine est de rigueur et on se plonge avec délectation dans ce road-movie amoureux perclus de braquages et d’arnaques ludiques. Il y a quelques longueurs par-ci, par-là, et l’époque où se déroule le film empêche de crier aux invraisemblances. D’ailleurs situer ce film à notre époque n’aurait pas eu de sens. On se prend au jeu et les dialogues bien écrits – il y a même quelques échanges vraiment passionnants sur le capitalisme ou les notions de Bien et de Mal – ainsi que de situations enlevées nous régalent. Le final nous émeut et quelques jolies envolées visuelles terminent de rendre ce petit film vraiment attachant. Et très réussi.

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