C’est peu dire que Marvel et le Marvel Cinematic Universe ont eu à faire face à un sacré défi de taille avec la mort de l’interprète du rôle-titre, décédé prématurément de la suite d’un cancer foudroyant. Il y avait pléthore d’options et la voie choisie ici est à la fois respectueuse et plutôt logique, l’entame expliquant la cause sans chercher à inventer et l’épilogue laissant infuser un joli moment d’émotion. Les choix sont parfois surprenants mais toujours pertinents. Ryan Coogler a donc dû, après un premier épisode très réussi, jongler avec un cahier des charges Marvel plus qu’imposant et restrictif et cette disparition inattendue qui appelait forcément un hommage. C’est peu dire que c’était presque mission impossible et que lui et toute son équipe s’en tire clairement avec les honneurs. Car oui ce « Black Panther : Wakanda Forever » est plutôt réussi et qu’il remplit son but d’être un divertissement de qualité et qui en met plein la vue.
Et pourtant, s’il est impressionnant et étonnant ce n’est pas vraiment là où on aurait pu le penser. En effet, le blockbuster Marvel est plutôt chiche en scènes d’action et séquences spectaculaires pour un film qui dure presque trois heures. Et on peut dire que les trois gros moments de cette séquelle dédiés à cela sont courts et peu mémorables, hormis peut-être le final. Heureusement d’ailleurs, car sans cet affrontement qui clôt le film entre le peuple du Wakanda et le peuple sous-marin de Talokan, il y aurait eu un manquement clair et une frustration que ne peut se permettre un blockbuster de la sorte comme tout bon film à grand spectacle qui se respecte. Et, pour une fois, l’antagoniste principal du long-métrage en impose et ce n’est pas si courant chez Marvel. En effet, les méchants sont souvent l’un des talons d’Achille du MCU. Là rien à dire, Namor et son interprète en impose. Même avec ses ailes ridicules aux pieds, faisant penser à un héros de la mythologie grecque, il est un opposant de chic et de choc au Wakanda. Avec un passif, un bagage émotionnel et une histoire propre. D’ailleurs on risque de le retrouver dans le futur de la Maison des idées.
En revanche, ce qui est plus étonnant c’est que cette suite lorgne bien plus du côté de « Avatar » ou du « Aquaman » de la concurrence que du côté de la mythologie du premier « Black Panther ». En choisissant de mettre en lumière Namor et son peuple sous-marin, on pense forcément à l’Homme poisson de chez DC, ce qui paraît logique. Mais aussi, et ça l’est peut-être moins, au mythique film de James Cameron dont la suite arrive enfin le mois prochain. Et on est presque dans le plagiat au niveau visuel ce qui ne joue pas en faveur du film Marvel. Ceci mis de côté, on se passionne pour les intrigues géopolitiques mises en branle dans le scénario et l’aspect visuel (décors et effets spéciaux toujours aussi dantesques et bourrés d’idées) qui sont les points forts du film et font que même s’il est inutilement long, on ne voit pas trop le temps passer. Une suite peut-être pas au niveau de l’original mais qui s’en sort tout de même plus que bien au vu du contexte. Quant à la succession derrière le masque de Black Panther, c’est une évidence et ce n’était pas vraiment un secret pour personne...
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