Dans les coulisses d'Avignon
Véritablement une bonne comédie française, bien rythmée, efficace, drôle et sympathique. Parfois émouvante. Intéressant tour d'horizon du Fesrival d'Avignon du point de vue des artistes.
Véritablement une bonne comédie française, bien rythmée, efficace, drôle et sympathique. Parfois émouvante. Intéressant tour d'horizon du Fesrival d'Avignon du point de vue des artistes.
Le premier film du comédien Johann Dionnet, acteur souvent vu en second rôle ou à la télévision et qui joue également dans son film ici, est une bonne surprise. Sur bien des points, cet essai est un long-métrage plus qu’agréable dans lequel on se plonge avec plaisir, qui fait rire, qui divertit, qui fait du bien et qui met de bonne humeur. Sans être exceptionnel, voilà donc une œuvre convaincante, maîtrisée et réussie. On est loin des standards de la comédie populaire et formatée comme le cinéma français en offre tant (et trop) depuis quelques années. Ses qualités sont nombreuses et le mélange entre la comédie à l’écriture ciselée et un soupçon de romantisme est tout à fait probant. L’humour prend davantage le pas sur le sentimental, ce second aspect amplifiant les codes de la comédie. « Avignon » se repose d’abord sur des quiproquos bien amenés qui ne s’avèrent jamais trop énormes ou lourdingues, toujours dans la mesure. Et ensuite, sur une galerie de personnages hauts en couleurs et bien campés, dont les caractéristiques diverses et variées font des étincelles.
Le fait de planter le décor du film à Avignon, comme le sous-entend son titre, durant le célèbre festival de théâtre qui s’y déroule chaque année est une excellente idée. Dionnet nous immerge dans ce microcosme bigarré et effervescent avec beaucoup de panache. On se sent vraiment connecté à tous ces acteurs, metteurs en scène et techniciens (les fameux intermittents du spectacle) venant de toute la France pour jouer leurs pièces. Le film met en avant également la diversité de l’art théâtral et oppose avec malice les partisans de la comédie de boulevard avec ceux du théâtre plus classique et souvent mieux considéré. C’est fin, jamais caricatural (ou juste comme il faut pour faire rire) et il y a un petit fond revendicatif bienvenu sur la difficulté de vivre de cet art. « Avignon » a en plus le mérite d’être rythmé et de servir la soupe à tous les personnages, des premiers rôles aux seconds rôles au sein d’une distribution aussi homogène que variée. Les bonnes répliques fusent et les séquences amusantes qui prêtent à sourire sont légion. La toute fin clôt le versant romantique avec brio et tous les comédiens s’en donnent à cœur joie visiblement contents d’être là. Baptiste Lecaplain tient le haut de l’affiche avec aplomb et Alison Wheeler ou encore Lyes Salem se régalent et nous régalent de partitions bien écrites. Drôle, frais, léger et solaire, voilà une petite comédie sans prétention vraiment sympathique.
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