On l’attendait celui-là! Et c’est peu dire que ça valait le coup de patienter et de ronger son frein face aux multiples reports de sortie (plus de cinq ans sans compter la crise des mesures sanitaires). Mister James Cameron nous assène (encore) une claque qui devrait être (encore bis) une œuvre maitre-étalon pour le septième art en matière de technologie et de spectaculaire pour très longtemps. Le premier était déjà excellent et a marqué un tournant dans l’histoire du cinéma. Cette suite qui lui est supérieure en tous points refait de même. Les films de l’univers Marvel, les Michael Bay et consorts peuvent aller se rhabiller devant la maestria technique et formelle de cet « Avatar, la voie de l’eau ». Cameron a bien eu le temps de potasser son imaginaire florissant et de peaufiner un univers encore plus palpable et incroyable. Alors certes le film n’est pas parfait mais le cinéaste propose de nouveau un grand moment de divertissement et ajoute une immense pierre symbolique et imposante dans ce grand monument en constante évolution qu’est le cinéma. Et ici il s’agit de cinéma avec un gigantesque C.
Le petit bémol est que l’on reprochera juste des dialogues parfois simplistes et un propos qui peut paraître naïf par moments. Mais dans une période sombre comme celle que nous venons de traverser, des telles valeurs positives font du bien. Et le propos écologique encore plus poussé ici (et maîtrisé) est tout à fait adapté et il nous frappe en plein cœur (la séquence avec la chasse aux simili-baleines nous retourne le bide). Quant au propos géopolitique, il est digéré et assumé même si pas très nouveau et il en vaut bien un autre. En effet, le script nous rejoue la Conquête de l’Ouest en mode science-fiction avec les habitants de Pandora en tant qu’indiens et les humains en tant que colons. N’oublions pas que tout cela est encore d’actualité sur bien des aspects de notre monde!
Notons que l’amorce de cette suite est très directe, un peu abrupte même, mais au moins on est vite remis dans le bain. On est parti pour des montagnes russes d’action, d’émerveillement et de surprises pendant plus de trois heures que l’on ne voit absolument pas passer. Cameron redonne ses lettres de noblesse au cinéma à grand spectacle. La précision et le soin qu’il apporte à tous les aspects de son film est proprement incroyable. Cet homme est un visionnaire et après « Aliens », « Terminator 2 », « Titanic » et, bien sûr, le premier « Avatar », il parvient encore à nous mettre KO et à nous surprendre.
La technologie ayant progressé depuis une douzaine d’années, le monde de Pandora est encore plus prégnant dans cette seconde mouture. Élargi à une peuplade de l’eau cette fois, cette séquelle étend donc son univers avec brio. Ce qui permet au visuel de se renouveler et de nous en mettre plein les yeux une nouvelle fois. Le souci du détail est incroyable et à chaque plan on est subjugués par la maestria formelle de cet « Avatar, la voie de l’eau ». Les créatures, la flore et les décors sont somptueux. Le rendu de ces grands être bleus est ici encore une fois proche de la perfection. On ne sait par où commencer pour vanter la beauté plastique de tel ou tel aspect.
Mais si le film n’était qu’une prouesse visuelle... Cameron n’allait pas nous offrir une simple très jolie coquille vide et « Avatar, la voie de l’eau » nous réserve également de très beaux moments d’émotion, nous fait même avoir les larmes aux yeux plusieurs fois et nous touche en plein cœur avec un discours très contemporain. Quant aux séquences d’action, elles ne souffrent d’aucune scorie et le bouquet final est jubilatoire, jusque dans une sorte de remake de « Titanic » sauce Pandora. Le metteur en scène et son film arrivent donc de manière opportune pour sauver les salles de cinéma du marasme dans lequel des mesures sanitaires aberrantes les ont plongés. Car cette magnifique suite, c’est au cinéma et nulle part ailleurs qu’il faut s’en délecter. Foncez c’est du caviar cinématographique et le parfait divertissement de cette fin d’année.
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