Le tant attendu troisième opus de l’une des sagas les plus rentables de l’Histoire du cinéma - et dont les deux premiers épisodes font partie du top 5 au box-office all time (sans compter l’inflation) - est attendu comme le Messie pour relancer la fréquentation des salles, tristement en berne cette année, avec le carton de « Zootopie 2 ». Mais il faut avouer que, si les deux premiers nous avaient subjugués sur quasiment tous les points, celui-ci fait apparaître certaines limites narratives et de fond concernant la saga en plus de faire apparaître une certaine (et toute petite n’exagérons rien) lassitude. Le fait que seulement trois ans se soient écoulés entre le second opus et celui-ci (contre treize avec le premier) explique peut-être un peu ce constat. La sensation de manque n’est pas la même et cette seconde suite a beaucoup trop de ressemblances avec « Avatar, la Voie de l’eau », encore assez fraîche dans nos esprits.
Ce constat et ces impressions vont surtout se ressentir au niveau de l’intrigue et du développement des personnages et des enjeux. Tous ces aspects sont à la limite d’une certaine rengaine à tel point que « Avatar, de feu et de cendres » devient un peu trop prévisible et mécanique. Au point aussi que, pour la première fois, les plus de trois heures que dure le long-métrage se font légèrement sentir à plusieurs moments. En premier lieu, on a l’impression que le déroulement est cadenassé et recopié sur les deux précédents films. On a presque les mêmes motivations des vilains (la vengeance obstinée du colonel Quaritch contre Sully ainsi que l’envie de récupérer son fils mais aussi les velléités belliqueuses et coloniales de l’armée et des colons humains), les mêmes dilemmes concernant Spider (son tiraillement entre humains et Navi’s et sa légitimité pour son entourage), les mêmes problèmes au sein de la cellule familiale (s’affranchir du père, la mère haineuse des humains, ...) et le même message écologique (respecter la nature avec ici, entre autres et en ligne de mire, le massacre de dauphins aux îles Féroë mis en parallèle des simili-baleines de Pandora). Il n’y a donc pas assez de renouvellement en ce qui concerne le cœur émotionnel et vibrant du récit, on n’est clairement pas surpris.
L’ajout de taille concernant cet épisode est l’arrivée de deux nouvelles tribus. Et si le Peuple de l’eau avait été incroyablement bien incarné dans l’opus précédent, de manière aussi bien organique que poétique, il n’en est pas de même pour le Peuple des cendres et les Messagers du vent. Ces derniers ne font que passer, semblant juste amener à apporter une belle séquence d’action dans les airs pour disparaître du récit comme si de rien n’était. Les nouveaux méchants personnifiés par cette tribu maniant le feu, le Peuple des cendres donc, apportent un embryon de nouvelle dynamique. Leur cheffe, trahie par Eiwa en plus d’être volontairement rebelle et anarchiste, va être au centre d’une alliance inattendue. Mais cette peuplade est vraiment dessinée à gros traits entre leur habitat survolé et leur violence signifiée. Et ladite protagoniste au potentiel incroyable n’aura pas l’attention qu’elle mérite dans le scénario. On attendait clairement plus qu’un vulgaire contexte et quelques scènes assez caricaturales les concernant. Ajoutez à cela un propos de plus en plus naïf, du manichéisme à outrance et surtout des dialogues souvent pauvres et fonctionnels et on pourra trouver l’écriture de cet « Avatar, de feu et de cendres » un peu trop approximative et facile.
Mais un film « Avatar » patronné par le grand James Cameron demeure un spectacle de si haute qualité sur bien des aspects qu’il est impossible de trouver cela raté ou même moyen. On rechigne car on voit plus les défauts du film que sur ses prédécesseurs mais cela reste du cinéma de divertissement de très haute qualité. Et, encore une fois, sur le versant formel, c’est une nouvelle claque que nous assène le papa de « Titanic » ou « Terminator ». La 3D est impeccable et les séquences d’action parfaitement intégrées à la trame narrative en mettent encore une fois plein les yeux malgré le manque de renouvellement contextuel. C’est pourquoi celle dans les airs et celle sur la base militaire, cette dernière plus métallique et sombre, nous ont plus marqué que le grand final, aussi impressionnant soit-il. Le souci du détail, les décors et l’animation des Navi’s est proprement stupéfiante de nouveau. Alors si on y perd au niveau narratif par redondance, le spectacle offert visuellement rattrape clairement la chose et place « Avatar, de feu et de cendres » dans le haut du panier du blockbuster hollywoodien. On espère juste que si les quatrième et cinquième épisodes voient le jour, ils corrigeront ces défauts pour nous surprendre à nouveau et nous envahir de magie!
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