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Au coeur de la bête (Heart of the Beast)

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Rémy Fiers

Brad Pitt + un chien + survie en milieu hostile, ni plus ni moins.

Habitué des films musclés comme « The Beekeeper » ou « Fury » (déjà avec Brad Pitt), David Ayer change de registre avec ce récit qui mêle survie et ode à l’amitié homme-animal. Et on a envie de dire « Qu’est-ce qui pouvait mal se passer ? ». En effet, avec un tel programme difficile de se louper. Et on peut aisément affirmer que « Heart of the Beast » remplit avec application son cahier des charges, ni plus (malheureusement) ni moins (heureusement). Les paysages de l’Alaska sont magnifiques et enjoignent au dépaysement avec une nature somptueuse. Le cinéaste les filme avec un soin particulier participant à l’évasion nécessaire à un tel projet. Le chien Odin se positionne aisément comme une star animalière ô combien attendrissante, l’instar d’un Croc-Blanc ou d’un Beethoven pour rester dans les canidés. Brad Pitt tient le haut de l’affiche quasiment seul à l’écran durant toute la durée du film avec l’aplomb et le charisme qu’on lui connaît. Le long-métrage a le mérite d’avoir la durée qu’il faut et d’être ponctué d’assez de péripéties pour éviter de justesse la lassitude inhérente à ce type d’intrigue en solo dans un environnement hostile. Quant à l’émotion procurée par la belle relation entre l’homme et son fidèle compagnon, elle est présente, précieuse et admirablement rendue. On passe donc un joli moment entre tension et émotion.

Cependant, il est vrai que tout cela se révèle assez prévisible la plupart du temps. Le déroulement du récit et les diverses péripéties et obstacles vécues par ce duo sont quelque peu programmatiques. En gros, on est rarement surpris par leurs aventures, comme si le script voulait cocher toutes les cases du genre avec application. Faune menaçante, intempéries, blessures ou encore erreurs de trajectoires parsèment le long-métrage sans qu’aucune ne nous surprenne vraiment. Elles sont exécutées sans accroc et nous stimulent à chaque fois mais rien ne vient jamais véritablement nous surprendre. En outre, il y a quelques maladresses comme le flash forward inaugural, encore une fois particulièrement inutile, ou ces flashbacks faciles et grossiers sur le passé militaire du duo dont on ne sait pas vraiment si elles encensent ou critiquent le passage dans l’armée. Et il faut avouer qu’on s’attendait tout de même à être un peu plus ému aux larmes comme peuvent le faire les films qui mettent au centre du récit la relation indéfectible entre un homme et son chien (au hasard, « Hatchi »). Alors si « Heart of the Beast » est tout à fait plaisant et remplit notre besoin d’évasion, il aurait quand même pu être davantage que cela.

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