Le voilà le film tant attendu, avec la double tâche de sauver le cinéma français de son marasme post-crise en plus d’être annoncé comme le Messie des mois avant sa sortie de par son casting, son budget pharaonique et son équipe de production mais également de devoir relever le niveau des adaptations du célèbre gaulois majoritairement ratées sauf une. Et, depuis quelques jours avant sa sortie, la superproduction tricolore est la victime injuste d’un bashing incroyable annonçant une catastrophe monumentale en plus d’un accident industriel (enfin surtout en France et par une certaine partie de spectateurs, car au Québec les retours critiques comme spectateurs sont bien moins véhéments). Est-ce donc vraiment la purge annoncée? Non, clairement pas. Le film a subi une campagne intense de dénigrement de la part de beaucoup de haters, c’est clair et c’est un fait. Est-ce pour autant un bon film? Non plus, en effet. Mais ce n’est pas complètement mauvais pour autant, il faut l’avouer et cet « Astérix et Obélix, l’Empire du milieu » se hisse au même niveau que le précédent - ou que le tout premier - mais loin devant l’infâme « Astérix aux Jeux Olympiques ». Cependant et surtout, c’est malheureusement aussi très très loin derrière « Astérix : Mission Cléopâtre » qui semble être une anomalie dans les adaptations de bande-dessinées dans le paysage cinématographique hexagonal. Celui-ci est devenu une production familiale au cahier des charges tellement énorme qu’il s’en retrouve noyé dedans avec le besoin de plaire à tout le monde ce qui a pour effet, au final, de ne plus plaire à personne. Enfin à grand monde. Et on se met à la place de Guillaume Canet qui a dû jongler avec un casse-tête logistique (en plein Covid), budgétaire, narratif (comment faire rentrer autant de stars en un seul film) et en plus de s’être vu obligé de jouer Astérix par les producteurs (grosse erreur et l’une des aberrations du film tant cela ne lui va pas, bon acteur ou pas).
Malgré cela, tout n’est pas à jeter dans cet « Astérix et Obélix, l’Empire du milieu ». Car il nous arrive de rire de bon cœur à plusieurs reprises même si un gag sur trois tombe à plat et que certains s’avèrent presque gênants (dans les jeux de mots comme le comique de situation). La plupart des bons moments se retrouvent dans certaines allusions à l’actualité ou les travers sociétaux (la potion magique vue comme de la cocaïne ou l’analogie avec les vaccins) et grâce à deux personnages : Jonathan Cohen d’abord, même si on l’a déjà vu plus drôle et mieux employé et surtout José Garcia qui a les meilleurs moments du film. Notons ensuite que si Astérix est raté, Gilles Lellouche en Obélix est une excellente surprise. Et de passer après l’ogre Depardieu n’est pas une mince affaire. Enfin notons que ceux qui critiquent les effets spéciaux sont à côté de la plaque puisqu’ils font tout à fait honneur à cet esprit BD cher à Uderzo et Goscinny, tout comme les décors qui respectent leur budget. On est moins heureux avec le scénario, basique, linéaire et sans surprise, voire ennuyant. Et enfin, le gros problème est cette avalanche de guest stars dans le moindre des rôles qui donnent l’impression non pas d’un placement de produits, mais d’un placement de stars ou people correspondant à toutes les strates de la population française. Opportuniste, péremptoire (pas sûr que la plupart passe le fil des ans) et surtout surchargé même si certains collent bien au personnage (Audrey Lamy en Bonnemine ou Cassel en César). Le pire du ridicule : McFly et Carlito ou Zlatanridicule et malaisant. Et Palme du mauvais jeu : l’actrice jouant la princesse chinoise! En bref, il y a beaucoup à jeter, c’est loin d’être satisfaisant mais c’est loin d’être le pire de ce que la comédie française peut offrir. Très loin. Et le spectacle familial et fédérateur est respecté.
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