Le 4 novembre 1979, au summum de la révolution iranienne, des militants
proches du nouveau maître des lieux, l’ayatollah Khomeini, envahissent
l’ambassade américaine de Téhéran et prennent 52 Américains en otages.
Mais au milieu du chaos, six diplomates réussissent à s’échapper et à se
réfugier au domicile de l’ambassadeur canadien. Sachant qu’ils seront
inévitablement découverts, un spécialiste de «l’exfiltration» de la CIA,
du nom de Tony Mendez (joué par Ben Affleck, également réalisateur,
pour la troisième fois après Gone Baby Gone et The Town), monte un plan
risqué qui consiste à faire passer les six détenus pour une équipe de
tournage venue faire des repérages sur place.
Si Argo parvient en trois minutes chrono à résumer trente ans
d’histoire de l’Iran, il n’en demeure pas moins un bon film d’espionnage
avec un cinéaste qui filme l’urgence, la crise et les accès de violence
tout en sachant tempérer la cadence lors de séquences humoristiques
réussies. Entouré des acteurs Alan Arkin, John Goodman et Bryan
Cranston, Ben Affleck a opté pour un jeu sobre, restant finalement très
en retrait, à l’image de son point de vue sur ces évènements qu’il
relate sans prendre parti mais avec beaucoup d’intelligence. Seul
bémol: les spectateurs tatillons pourront s’agacer des raccourcis et
des caricatures sur la révolution iranienne. Pire: le film omet
d’évoquer l’échec retentissant de l’opération Serres d’Aigle - Eagle
Claw. Ainsi que la médiation d'un pays magrébin ' l'Algérie' qui réussira après les écheques consécutives de plusieurs autres a libérer les otages . même que les Américains a l’époque, avaient proposé que le groupe de diplomates
algériens soit citée pour le prix Nobel de la paix. Ils ont fait les
démarches nécessaires auprès de la fondation Nobel.
juste pour l'histoire.
Merci.
Après la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, le président
Carter avait autorisé une intervention aéroportée qui tournera au
cauchemar. Trois hélicoptères sur huit arrivés à destination sont
immédiatement hors service, un quatrième percute un gros porteur C-130
Hercules et s’écrase, faisant huit morts. Argo est à classer dans la
droite ligne du cinéma politique et critique des années 70 – Les Trois
jours du Condor de Sydney Pollack (1975) et Les Hommes du Président
d’Alan J. Pakula (1976) – même si on sent bien que Ben Affleck s’est
emparé d’un événement très peu connu du grand public pour en faire un
sujet porteur.