Affiche du film  Zombie malgré lui
© Les Films Séville

Zombie malgré lui

Version en français
v.o.a. : Warm Bodies
30 janvier 2013

R(oméo) et Julie(tte)

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Une comédie romantique avec des zombies? Pourquoi pas! Même s'il est parfois malhabile, pas suffisamment peaufiné pour s'élever au niveau qu'on espérait, Warm Bodies s'avère tout de même un délicieux rafraîchissement qui nous change des drames sentimentaux inspirés des écrits de Nicholas Sparks qu'on nous sert tel un rituel satanique à chaque Saint-Valentin (cette année nous aurons droit à Safe Haven; on n'y échappe pas). Warm Bodies est sans prétention, il n'est pas cortégé par des acteurs de renom, ni par un réalisateur particulièrement expérimenté (quoique 50/50 était fort habile), mais il a cette faculté d'envoûtement que possèdent les bonnes comédies romantiques. Warm Bodies fait du bien au coeur des romantiques invétérées (volontairement au féminin) et, en plus, il évite - la plupart du temps - le cliché en le confrontant sans grandes tergiversions.

Beaucoup diront que Warm Bodies n'est qu'un autre Twilight mais avec des zombies, et peut-être n'auront-ils pas tord. Mais, au risque de blasphémer, le premier chapitre de l'interminable franchise Twilight n'était pas si mal (oui, oui, je viens vraiment de dire ça!), c'est l'acharnement qui a ruiné le charme qu'un vampire et une humaine adolescente apportaient au cinéma. C'est les loups-garous torse nus et les sociétés secrètes dans des châteaux italiens qui ont démoli la simple bonne idée d'une jeune femme amoureuse d'un mort-vivant. Ceci étant dit, Warm Bodies possède cette faculté d'autodérision que Twilight n'avait pas et parvient à se moquer de sa propre mythologie tout en conservant une certaine cohérence dramatique.

Dans l'absolu, certaines explications bâclées auraient pu déranger - le fait qu'il suffit que de déposer quelques gouttes de sang sur le visage d'une humaine pour tromper les zombies; c'est un peu gros -, mais comme le public-cible n'est en pas un très critique ou scrupuleux (les vampires brillaient au soleil et ils ont tout de même été des millions à tomber en pâmoison), ces détails douteux sont rapidement oubliés pour se concentrer plus intensément sur l'histoire d'amour impossible.

Le décor post-apocalyptique est assez compétent, mais comme le tournage a eu lieu à Montréal, il est difficile pour un Québécois de ne pas sourire lorsqu'on entrevoit le Stade olympique en totale décrépitude et le centre-ville entouré d'un immense mur de béton pour séparer les rescapés des morts-vivants. La musique, très bien choisie - quétaine, rétro, efficace -, apporte aussi beaucoup au développement narratif et lui insuffle un rythme cohérent, tout comme la réalisation de Jonathan Levine qui expose sa personnalité ludique dès les premières minutes grâce à une introduction imagée du personnage de R.

Oui, Warm Bodies est un peu quétaine, oui, il est parfois malhabile et manque d'assurance, mais il n'en est pas moins divertissant. Peut-être qu'en s'assumant d'avantage dans la caricature plutôt que de s'entêter à construire une idylle cohérente, le film aurait pu ratisser plus large et persuader les anti-Twilight, mais il a fait un choix et réussit assez bien dans cette avenue malgré son manque de souplesse. Les vampires c'est tellement 2008, les zombies, c'est l'avenir (jusqu'à l'année prochaine)!

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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