Affiche du film  Zombie malgré lui
© Les Films Séville

Zombie malgré lui

Version en français
v.o.a. : Warm Bodies
30 janvier 2013

Des ados normaux

Photo Par Karl Filion

(Idéalement vous liriez cette critique en la chuchotant à quelqu'un, pour vous mettre dans l'ambiance du film)

Vous serez d'accord avec moi pour dire que de rendre crédible une histoire d'amour entre un zombie catatonique (pléonasme?) et la jolie jeune fille du général de l'armée humaine dans un contexte post-apocalyptique d'une lutte entre morts-vivants et humains n'est pas une mince tâche; que de justifier un « coup de foudre » entre les deux qui découlerait sur une confiance mutuelle et finalement en un antidote à un état de putréfaction avancée tient tout bonnement de la foi aveugle. Mais Warm Bodies, plus récente comédie juvénile à miser sur un personnage classique du cinéma d'horreur mais à la sauce fleur bleue, ne s'en fait pas trop avec ça et préfère occulter bêtement la question; c'est ça qui est ça, on assume. Le gars, la fille, ils ne sont pas faits pour être ensembles, lui c'est un zombie et c'est supposé être un être sanguinaire assoiffé de cerveaux humains... pis?

Le film semble penser que la fin justifie les moyens. Il faut inventer des « rêves » cannibales pour donner un nouveau souffle au scénario? Pas de problème. Il faut créer des très très grands enjeux (« mon père va te tuer d'une balle dans la tête à l'instant où il te verra ») et ensuite les abandonner bêtement? C'est comme si c'était fait! Sans négliger qu'on « cache » une vivante parmi des zombies assoiffés de chair fraîche avec quelques gouttes de sang dans les cheveux (qui a dit ridicule?). Dès l'introduction, on ressent le rythme boiteux auquel on sera soumis pendant tout le film, jusqu'au dénouement interminable et redondant. Entre les deux : des longueurs, des décisions profondément illogiques, des dialogues en syllabes chuchotés et un humour inefficace.

Warm Bodies n'est pas Zombieland; il n'a pas son intelligence ni son audace visuelle et narrative. Il a plutôt la mièvrerie et la simplicité d'un Twilight, et s'adresse d'ailleurs sans doute au même public (deux jeunes femmes qui s'amusent à mettre du fond de teint à un zombie pour le rendre présentable, ça ne peut pas se retrouver dans un film qui se prend au sérieux). De la part du réalisateur de 50/50, il faut avouer que c'est légèrement décevant.

Warm Bodies en tant que métaphore de la maladresse des adolescents avec leurs semblables du sexe opposé, on veut bien. On a parfois l'impression que son père va nous abattre au premier coup d'oeil, c'est bien vrai; cela dit, cela ne vaut pas un film, surtout aussi inoffensif, lancinant et aussi peu amusant que celui-ci. L'occasion était belle de s'amuser dans une surenchère de clins d'oeil, de clichés gentiment surlignés et d'un humour audacieux. Mais l'occasion (surprise!) est ratée.

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Photo Karl Filion

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