Affiche du film Yves Saint Laurent
© Les Films Séville

Yves Saint Laurent

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Yves Saint Laurent
13 août 2014

Débauche de haute couture

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il y a des drames biographiques spectaculaires, certains qui sont plus risibles et qui font de l'ombre aux accomplissements du jubilaire, et il y en a d'autres, desquels on entend habituellement moins parler, qui s'avèrent plutôt quelconques. Le film Yves Saint Laurent fait partie de cette troisième catégorie. Attention, je ne suis pas en train de prétendre que l'oeuvre de Jalil Lespert n'est pas réussie, il s'agit d'un long métrage qui d'un point de vue théorique se révèle presque impeccable, mais il manque pourtant de folie - esthétiquement parlant - pour éblouir et convaincre. La réalisation est morose, anonyme. Il y a des productions qui ne nécessitent pas un point de vue original et ludique pour faire vibrer le spectateur, mais Yves Saint Laurent en aurait bénéficié.

Bien sûr les acteurs sont d'une irréprochabilité stupéfiante. Pierre Niney dans le rôle du designer maniaco-dépressif/borderline est troublant, Guillaume Gallienne est méconnaissable et émouvant sous les traits de Pierre Bergé et Charlotte Le Bon est attachante et magnifique, comme elle l'est toujours. Yves Saint Laurent laisse toute la place au talent immense de ses comédiens. Lespert est conscient qu'il bénéficie d'acteurs prodigieux et que ces derniers pourront amener le film plus loin que ce que le scénario annonçait. Cela dit, ce n'est pas une raison pour se faire invisible comme il l'a fait, mais je me répète...

Lorsqu'il faut brosser la vie d'une personnalité publique, quand on a comme mission de raconter l'existence flamboyante et unique d'un personnage comme celle d'Yves Saint Laurent, il faut savoir faire des choix. Beaucoup trop de films ont fait des erreurs en ce sens que les scénaristes ont préféré des passages plus spectaculaires et moins significatifs de la carrière de leur protagoniste, croyant que le cinéma s'abreuvait d'extraordinaire, mais les meilleurs drames biographiques sont ceux qui ont su s'imprégner de vrai, d'authenticité. Même s'il était facile de choisir les conjonctures les plus pompeuses de la vie du designer, les auteurs de ce film sont arrivés à un équilibre honorable entre sincérité et sensationnel. On dépeint évidemment cette débauche dans laquelle Yves Saint Laurent baignait à une certaine période de son existence, mais on n'oublie pas que le but premier est de raconter une histoire.

Évidemment, les costumes ont une importance capitale dans une production comme celle-ci, dédiée à l'un des plus grands designers du monde entier. Le défi était colossal, mais a été, au final, bien exécuté. Les robes, qu'on les ait déjà vues ou non, sont absolument stupéfiantes. Toutes les femmes qui verront ces images voudront se procurer l'une de ces merveilles (ou une autre à prix plus modique) et assister à un bal où elles pourront fièrement l'étrenner.

Yves Saint Laurent ébranle, mais pas suffisamment pour qu'il devienne un incontournable du genre. C'est un film à voir pour les performances stupéfiantes de Pierre Niney et de Guillaume Gallienne, et pour ses robes sublimes que n'importe quelle femme rêve de posséder et de revêtir un jour.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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