Affiche du film The X-Files: I Want to Believe
© Twentieth Century Fox

X-Files : Je veux y croire

Version en français
v.o.a. : The X-Files: I Want to Believe
25 juillet 2008

C'est n'importe quoi

Photo Par Karl Filion
La série-télé avait ses fanatiques et ses sceptiques. Elle avait Mulder et Scully, des effets spéciaux de pacotille et des mystères impénétrables sur fond de conspiration gouvernementale. Rien de tout ça ici. X-Files : Je veux y croire est un mauvais film qui est inaccessible aux néophytes et frustrant pour les fans. Qui veut voir Mulder et Scully dans le même lit en train de parler de leurs problèmes au travail? Dans Les feux de l'amour, d'accord, mais au beau milieu d'une enquête du FBI pour retrouver une agente disparue? Le temps presse, mesdames et messieurs...

Recherché par le FBI (qui ne cherche pas très fort), Mulder s'est retiré chez lui à la campagne pour se laisser pousser la barbe et découper des articles de journaux. Scully, elle, travaille dans un hôpital pour enfants où elle soigne un jeune garçon atteint d'une maladie rare. Lorsqu'une agente du FBI disparaît (on n'aurait pas pu sauver le monde, quelque chose?), le FBI n'a d'autre choix que de faire appel à Mulder parce que personne ne veut croire que les visions du Père Joseph, condamné pour pédophilie, sont légitimes.

Les extra-terrestres étaient déjà pris ailleurs (sur le plateau d'Indiana Jones...) et n'ont pu se présenter à temps pour ce tournage-ci. On les a remplacés par un prêtre pédophile voyant à l'air patibulaire qui ne voit absolument rien d'intérêt pour l'enquête sinon que des morceaux de cadavres conservés (par magie!) dans la neige et la glace d'un lac qui semble gelé en permanence. Le climat de tension n'est jamais convaincant dans cette petite ville où il neige constamment, et la conviction toute relative avec laquelle David Duchovny et Gilian Anderson déclament les quelques insipides morales que leur offre ce scénario bancal remet en perspective les nombreux autres échecs du film. Parce qu'il faut avouer que leur complicité n'a pas pris une ride, elle. C'est déjà plus intéressant que de voir des gens pleurer des larmes de sang (c'est dépassé depuis au moins 1998), d'autant que le film insiste et insiste encore sur cette opposition simpliste entre les gens qui croient (qu'un petit garçon s'en sortira, qu'on retrouvera les disparues... que Dieu existe tant qu'à y être) et qui ne croient pas. Les croyants deviennent les non-croyants, retrouvent la foi et rentrent chez eux. Problème réglé.

Un sous-texte agaçant de religion et de pardon vient confondre encore davantage ce qu'il restait de sceptiques; ceux qui espéraient encore un revirement dramatique intéressant seront déçus, endormis peut-être par la mièvre déclaration d'amour finale. Le réalisateur Chris Carter augmente le sentiment de danger et d'urgence de la manière la plus sur-utilisée - et agressante - qui soit : la musique trop appuyée et les chiens de garde. De vieux trucs qui ne fonctionnent plus, pas plus que le coup du méchant étranger avec un fort accent.

Ce qu'on n'a probablement pas bien compris, c'est que ce film n'est pas sur les extra-terrestres, pas plus sur un prête patibulaire pédophile et voyant, mais sur le voyage temporel. En fait, Mulder et Scully ont voyagé dans le temps, ils sont vigoureux et vifs d'esprit et la Guerre Froide n'était pas encore terminée lorsque ce film a été réalisé. Tout ce qu'il a de dépassé au niveau formel n'avait pas encore été fait lorsqu'on a tourné ce deuxième film d'une franchise qui a rendu de fiers services à la télé américaine et qu'on devrait laisser se retirer en paix. Désolé, mon erreur...
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Photo Karl Filion

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