Affiche du film  Wild
© Warner bros. Canada

Wild

Version en français
v.o.a. : Wild
v.o.a.s.-t.f. : Wild
17 décembre 2014

Pélerinage

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Dès les premières minutes de Wild, nous savons que nous ne regretterons pas l'expérience. La scène que Vallée a choisi de mettre au tout début de son film en est une puissante et magnifique, elle nous démontre bien l'expédition dans laquelle nous nous embarquons et les risques qu'elle implique. Les films nous rappellent parfois le 127 Hours de Danny Boyle et Into the Wild de Sean Penn, mais possède suffisamment de caractère pour ne pas qu'on parle de lui qu'en comparaison. Jean-Marc Vallée a su donner une personnalité à son film, un tempérament à l'image de celui de son personnage principal; à la fois fort et fragile, digne et abject.

Wild n'est pas complètement chronologique, il fait beaucoup de retour en arrière pour nous expliquer les raisons qui ont motivé l'expédition salvatrice de Cheryl sur 1 770 kilomètres à pieds. Le réalisateur parvient à nous garder intrigués par l'avenir de la protagoniste, même si on peut déjà s'imaginer la fin de cette histoire avant qu'elle ne soit entamée. Sa caméra intrusive et expressive nous amène à plonger tête première dans ce récit de voyage.

Le film peut être vu comme un journal intime dans lequel une femme, usée par la vie, mais bien décidée à se raccommoder, y inscrirait ses angoisses et ses douleurs. Les individus qu'elle croise sur son chemin sont à la fois des adjuvants et des opposants, et des personnages secondaires de son histoire de courage. Le film est suffisamment bien écrit et joué pour que ceux que l'on croit les plus honnêtes et fiables s'avèrent en fait les plus profiteurs. Mais chacun apporte quelque chose d'important à la production, et à la protagoniste, et nourrit cette formidable odyssée.

La posologie d'humour et de drame nécessaire à un film réussi est parfaitement bien respectée ici. Wild arrive à nous faire pleurer autant qu'il nous fait rire. Il nous désole puis nous réjouit sans forcer le sentiment ou la morale. La beauté des paysages et l'utilisation parcimonieuse de la musique expliquent aussi pourquoi Wild nous bouleverse à ce point.

Reese Witherspoon porte le film à elle seule sur ses frêles épaules. L'actrice parvient à nous prouver une fois de plus toute l'étendue de son talent. Elle est magnifique, même dans ses moments de doute et de détresse. On s'attache à cette femme qui décide de se reprendre en mains en se lançant un défi absurde dont elle imagine à peine l'ampleur réelle. On est ému par sa vulnérabilité et ébranlé par ses funestes souvenirs. On en vient même à vouloir être à ses côtés et marcher, nous aussi, pour nous délivrer des démons qui nous hantent. Nous n'irons probablement pas jusqu'à nous lancer dans une expédition aussi extrême après le visionnement de ce film, mais que ce dernier soit arrivé à faire naître l'idée dans notre esprit est une mission accomplie pour Jean-Marc Vallée qu'on savait depuis longtemps à la hauteur d'un projet comme celui-ci.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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