Affiche du film  We are Friends
© Warner bros. Canada

We Are Your Friends

Version originale en anglais
27 août 2015

Eden inexistant

Photo Par Martin Gignac

Zac Efron sera éternellement associé à High School Musical. Même s'il arrive à être juste lorsqu'il est bien dirigé (pensons à The Paperboy, At Any Price et Me and Orson Welles), le Tom Cruise des pauvres cumule les rôles fades de bellâtres simplets adeptes de musique et de romance. Il y a eu Charlie St. Cloud, New Year's Eve, The Lucky One et maintenant We Are Your Friends.

Le tout débute comme un croisement de ses récents Neighbors et That Awkward Moment. Une bande d'amis stupides mais unis cherche à se faire de l'argent facilement sans nécessairement passer par la voie de la légalité ou de la moralité. Cole (Efron) commence à s'en distancer lorsque son rêve de devenir un DJ de la scène internationale se concrétise par l'entremise de James (Wes Bentley) qui le prend sous son aile. Mais pourquoi joue-t-il avec le feu en s'entichant de son amoureuse? Peut-être parce qu'elle est incarnée par Emily Ratajkowski, celle qui a brisé le couple de Ben Affleck dans Gone Girl. L'actrice et mannequin britannique accapare tous les regards, ne faisant qu'une bouchée du pauvre Efron.

Ce film a déjà été fait auparavant et en bien meilleur, portant le nom d'Eden. Sous la caméra de la talentueuse Mia Hansen-Love, il y avait de véritables dilemmes moraux et une réflexion sur le temps qui passe. Une profondeur qui manque cruellement à We Are Your Friends qui est vide, vide, vide. Il ne faut surtout pas chercher l'épaisseur ni dans les personnages, leurs motivations et encore moins au sein de leurs paroles et de leurs actions. Il n'y a que des esquisses d'une prémisse terriblement classique et moralisatrice sur un être trop parfait qui apprendra finalement à devenir un homme. Pour la réflexion sur l'amitié, la transmission et le rêve américain, mieux vaut passer son tour.

Afin de combler ces largesses, le cinéaste Max Joseph qui signe ici son premier long métrage propose une réalisation vitaminée, où les ralentis, le montage dynamique et les effets visuels de toutes sortes font presque oublier la vacuité de l'ensemble. Et cela fonctionne lorsqu'une séance de drogue tourne au cauchemar et que l'excellente musique dansante et électronique titille les tympans. L'effet se volatilise toutefois avant la fin et il est impossible de ne pas noter les similitudes avec le mythique Trainspotting qui comportait bien plus qu'une trame sonore d'enfer.

La plus grande surprise vient certainement du côté de Wes Bentley. Depuis qu'il a été découvert dans American Beauty, le comédien joue sans cesse de la même façon: en fronçant les sourcils et en ne nuançant jamais son jeu. Quelle n'est pas la surprise de le voir enfin dans son élément, s'approprier les répliques en s'affranchissant momentanément d'être un simple ersatz méchant de Jake Gyllenhaal. Il ne peut cependant rien faire lorsque le scénario privilégie l'histoire d'amour au reste ou devant cette conclusion ridicule et consternante digne de M. Night Shyamalan.

Il est connu que le sucre rend euphorique et l'overdose est rapidement atteinte dans We Are Your Friends qui n'a pas grand-chose d'autre à offrir qu'une succulente bande sonore. Mieux vaut peut-être danser pour oublier tout le potentiel gâché par ce divertissement qui est plus douteux qu'honorable.

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Photo Martin Gignac

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