Affiche du film  Voyez comme ils dansent
© Alicéléo

Voyez comme ils dansent

Version originale en français
26 juin 2013

Ma cabane au Canada

Photo Par Karl Filion

Près de deux ans après sa sortie en France, le long métrage Voyez comme ils dansent prend finalement l'affiche chez nous cette fin de semaine, lui qui a été tourné en grande partie à Montréal et au Canada. Même s'il sort ici après Thérèse Desqueyroux, il le précède pourtant de près d'un an dans la filmographie du regretté Claude Miller, décédé en avril 2012. Si les deux films ont des similitudes, ils n'ont pourtant rien à voir au niveau de la qualité. Pour l'exprimer clairement : Thérèse Desqueyroux était un film majeur, Voyez comme ils dansent est un film mineur dans la filmographie du cinéaste. Très mineur.

Certes, les premiers instants du long métrage s'avèrent intrigants, et la mise en place du récit (qui prend du temps) parvient à installer les bases d'une histoire complexe impliquant un triangle amoureux inhabituel, mais surtout un artiste multidisciplinaire original (qu'on ne saisit jamais vraiment). C'est lui le personnage le plus intéressant, et parce qu'il n'est pas exploité à son plein potentiel, le long métrage n'est jamais à la hauteur de ses promesses. Son « art », assez difficile à décrire, ne contribue que par intermittence à la trame principale impliquant une documentariste nommée Lise en voyage (obscur) au Canada qui est en fait son ancienne conjointe.

En fait, elle documente sa traversée du pays sur le train transcanadien, ce qui la mènera vers une autre ancienne conjointe de l'homme en question, nommé Vic Clément, récemment disparu. Mais une fois que Lise quitte le train, plus rien ne va : les dialogues sonnent soudainement creux, le contexte est invraisemblable et les coïncidences s'avèrent dures à porter pour la faible trame.

C'est comme si les éléments intéressants de l'histoire installés dans la première partie étaient bêtement abandonnés et remplacés par de tout nouveaux enjeux, bien plus faibles. Plus il avance, plus le long métrage devient à la fois confus et peu inspiré; les enjeux sont si mineurs et si rarement en lien avec l'intrigue principale (nourrir le chien avec de la nourriture de table, relation avec un homme marié, une conscience autochtone, etc.) que toute tentative d'augmenter la tension devient particulièrement inefficace.

La performance des actrices Marian Hands et Maya Sansa ne règle rien des ces problèmes. Sans aller jusqu'à dire quelles sont mauvaises (ce ne serait pas tout à fait exact), on pourrait dire qu'elles sont fades, sans véritable passion, surtout face à un James Thiérée qui a sous la main un rôle plus grand que nature qui - comme si ce n'était pas assez - s'intègre lui aussi assez mal à cette histoire. La spontanéité explique-t-elle à elle seule un changement aussi drastique? Quel impact ce flottement a-t-il sur le déroulement narratif et l'impact dramatique?

L'impact est très clair : Voyez comme ils dansent paraît interminable, malgré 100 minutes à peine. Voilà qui est fort dommage considérant le bagage de du prolifique réalisateur français. Mais le cinéma de Claude Miller aura marqué le cinéma de bien d'autres façons qu'avec ce film. Et c'est tant mieux.

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Photo Karl Filion

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