Affiche du film  Uvanga
© Métropole Films Distribution

Uvanga

Version originale internationale avec sous-titres français
v.o.inter.s.-t.a. : Uvanga
30 avril 2014

Ne pas vendre la peau du phoque...

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Uvanga n'est pas un film simple à critiquer. Il est honnête, sympathique, touchant, mais jamais suffisamment pour marquer l'imaginaire et se démarquer du lot de films de tous acabits qu'on nous présente chaque semaine. La vie d'un peuple Inuit, vivant dans le Grand Nord (à Igloolik au Nunavut, plus précisément) dans une clarté perpétuelle, chamboulée par l'arrivée d'une femme blanche et de son fils, un enfant qu'elle a eu avec un homme du village il y a quatorze ans, était une prémisse intéressant à une histoire poignante et chaleureuse. Le récit s'avère effectivement d'une grande douceur, une humanité qui s'oppose efficacement à l'aridité du paysage. Les sujets ne sont pas tous doux et bon enfant (on parle entre autres de maladies, d'alcoolisme, de vieillesse, de sévices portés aux femmes), mais la sensibilité qui s'en dégage touche droit au coeur.

Le scénario a été bien construit, réfléchit. Les informations nous sont délivrées progressivement pour arriver à nous intriguer suffisamment sans nous perdre dans un flou trop grand. Comme les circonstances entourant la mort du père de Tomas obsèdent la plupart des personnages, elles finissent par intriguer aussi le public qui reste attentif aux développements afin d'obtenir des réponses. Le film offre aussi une ouverture intéressante. Il n'explique pas tout, il propose plutôt des pistes de solutions, ce qui est d'autant plus stimulant en ce sens que le spectateur poursuit sa réflexion, même après la projection.

Par contre, le scénario n'a pas que des qualités. Il touche parfois à la limite de l'intensité maximale d'une tragédie. Quand autant de thématiques lourdes se rencontrent, il faut savoir faire le bon dosage, et, même s'il évite généralement le mélodrame, il n'est pas toujours à point ici. La réalisation est quant à elle satisfaisante, quoique effacée. Les paysages qu'on a choisi de montrer sont magnifiques; immenses et tristes. Tous les acteurs, sans exception, se débrouillent très bien à l'écran. Certains sont visiblement des professionnels, d'autres des novices, mais leurs jeux s'amalgament suffisamment bien pour former un ensemble homogène.

Il est rare que l'on parle des problèmes de logistique au sein d'un film, comme un objet qui disparaît d'un plan à l'autre, dans une critique. Mais comme ils sont ici nombreux et nuisent à l'appréciation de la production dans son ensemble, il est nécessaire d'en glisser un mot. La scripte est responsable de ce genre de choses sur le plateau. Elle (c'est un métier essentiellement féminin) s'assure de la continuité des scènes et de la conformité du scénario. Dans Uvanga, il y a énormément d'éléments qui disparaissent ou apparaissent lors du déplacement de la caméra (une roche, un pot dans les mains d'un personnage et même un bateau sur l'eau). Ce genre de détails survient dans tous les films, ou presque, mais ici ils sautent aux yeux, et c'est anormal, peu importe à qui revient la faute.

La vie des sociétés inuites est trop peu connue des citadins, et ce nouvel intérêt des cinéastes québécois pour ces populations de chasseurs est stimulant.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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