Affiche du film  Une nuit pour survivre
© Warner bros. Canada

Une nuit pour survivre

Version en français
v.o.a. : Run All Night
13 mars 2015

Oeil pour oeil

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Bien honnêtement, je ne comprends pas comment un film avec aussi peu de contenu peut encore voir le jour à Hollywood, surtout quand on sait qu'il est soutenu par un distributeur aussi puissant que Warner Bros. Pictures. Run All Night est aussi vide que possible. Son histoire alambiquée donne des maux de tête, et les liens complexes entre les différents personnages n'aident en rien aux migraines. On y retrouve tous les clichés du vieux tueur à gages repentant; la solitude, l'alcoolisme, les anciennes mauvaises fréquentations, le fils qui l'a renié, les nombreuses habiletés physiques et les connaissances accrues en matière de meurtres sanglants et les cauchemars d'anciennes victimes qui reviennent le hanter.

Bien que depuis quelques années Liam Neeson n'interprète que ce genre de personnage tourmenté au passé houleux, on ne peut que se résoudre à l'inéluctable réalité : on n'y croit plus. Depuis Taken en 2008, le pauvre acteur ne fait qu'enchaîner les rôles désolants et les interprétations fades. On lui souhaite définitivement un avenir plus glorieux à l'écran que celui auquel il semble malheureusement destiné. Joel Kinnaman ne se démarque pas non plus. On ne croit jamais vraiment à son personnage de père aimant qui a dû délaisser son propre père pour la mauvaise influence qu'il avait sur lui et sur sa famille.

Par contre, si vous n'en avez que faire d'une bonne histoire, si ce qui vous intéresse c'est les courses de voitures, les chasses à l'homme, les fusillades et les combats, Run All Night pourrait peut-être vous plaire, puisque d'un point de vue essentiellement technique, Jaume Collet-Serra relève le défi. L'homme qui nous a donné les précédents Unknown et Non-Stop, qui mettaient aussi tous deux en vedette Neeson, continue de démontrer ses aptitudes en tant que réalisateur de film d'action. Il lui faudrait simplement des textes intelligents pour qu'on reconnaisse son talent. Sa caméra nerveuse, ses ralentis pertinents et ses découpes rythmées apportent un intérêt insoupçonné à Run All Night. Mais, entendons-nous, il faut être perspicace et très indulgent pour considérer ses quelques broderies techniques comme d'une plus-value, parce que dans l'ensemble, rien ne retient le spectateur dans son siège, pas même le désir de voir les deux magnifiques petites filles qui jouent à cache-cache s'en sortir vivantes! C'est tout dire!

Le cinéaste semble s'être évertué à introduire quelques fioritures inspirées de l'univers de la bande dessinée pour embellir son film. Malheureusement, les quelques plans plus « surnaturels » sont trop peu nombreux pour être définis comme un style au sein du long métrage. Ses séquences plus graphiques de violence barbare ne peuvent pas non plus particulariser la production, étant trop rares et légèrement anachroniques.

Run All Night fait partie d'un lot - trop grand- de productions hollywoodiennes qui n'auraient jamais dû voir le jour. Personnellement, il me faudra plus qu'une nuit pour survivre à son abrutissement.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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