Affiche du film  Une jeune fille
© K-Films Amérique

Une jeune fille

Version en français
3 octobre 2013

Le cinéma de Catherine Martin

Photo Par Karl Filion

Inconsciemment, j'ai d'abord débuté cette critique par : « Le cinéma de Catherine Martin... ». Puis, je me suis rendu compte que ma critique de Trois temps après la mort d'Anna, son film précédent, débutait exactement par les mêmes mots. Cette critique parlait ensuite de pudeur, d'émotion, de nature (sous forme de « retour à la » ou de « s'ouvrir à la beauté de la »), de comédiens efficaces et... de redondance. Et elle se terminait à peu près par ces mots : « On ne peut que constater le talent qu'il a fallu pour amalgamer autant d'aspects du cinéma en une oeuvre cohérente et respectueuse ».

Voilà exactement la critique que je voulais faire d'Une jeune fille. Mais cette critique, je l'ai déjà faite. Il faut changer les noms, quelques détails de l'intrigue, mais sinon, on peut y trouver grosso modo l'expression de ce que ce nouveau film m'a inspiré. C'est peut-être ma faute; j'y pose peut-être un regard trop individualisant, et sans doute que d'autres auraient différentes interprétations à proposer, d'autres points à souligner sur ce qui les a touchés.

Mais cela signifie aussi qu'Une jeune fille est un film qui ressemble à Trois temps après la mort d'Anna, du moins sur l'empreinte émotive qu'il laisse une fois la projection terminée. Et si on peut certainement y regretter une certaine « redondance », on peut aussi y voir la marque - la signature - d'une auteure qui se bâtit une filmographie personnelle et sentie. La réalité évoque sans doute un peu des deux.

Dans Une jeune fille, la talent de la jeune Ariane Legault, découverte dans Pour l'amour de Dieu, ne fait plus de doute. Sa Chantal - et surtout sa découverte de la beauté par le contact avec la nature - est délicate et crédible, malgré le peu de mots. Malgré les émotions suggérées plutôt qu'imposées (ce sont des compliments...). Aussi malgré la simplicité du récit (... un peu moins), qui, à nouveau, tiendrait en une seule phrase : à la mort de sa mère, une jeune fille quitte vers la Gaspésie, où elle rencontre un fermier taciturne décidé à garder ses terres à bois.

Sébastien Ricard explore une autre facette de son jeu, dans un rôle plus introverti que ceux de ses films précédents. Et on constate qu'il maintient pratiquement tout au long du film la crédibilité délicate entourant ce personnage de fermier amateur de musique classique.

Le cinéma de Catherine Martin (encore ces mots...) propose à chaque fois que le spectateur s'imprègne de la nature. La réalisatrice prend les moyens pour accomplir ce désir de contact humain/nature, et Une jeune fille atteint plusieurs fois cet objectif. On y constate souvent le talent des artistes et artisans, et on apprécie beaucoup l'originalité du récit, qui refuse les avenues toutes tracées du suspense ou du drame sexuel que le cinéma impose souvent. Mais même si on n'a pas l'impression de voir le même film que Trois temps après la mort d'Anna, on a l'impression de ressentir le même film. Et franchement, on ne sait pas quoi en penser.

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Photo Karl Filion

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