Affiche du film  Un bonheur n'arrive jamais seul
© Pathé

Un bonheur n'arrive jamais seul

Version originale en français
5 septembre 2012

Les Aristochats

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Je l'ai déjà dit, et je le répète : réussir une bonne comédie romantique, c'est un art. Ce genre débonnaire est pourtant généralement considéré comme enfantin vu le public mélancolique et idéaliste qu'il vise, mais, évidemment, comme vous vous en doutez, ce n'est pas si simple de conquérir les romantiques et autres rêveuses (omission volontaire du masculin ici) de ce monde. Un bonheur n'arrive jamais seul semble pourtant le croire. Avec sa pléiade de clichés désespérants et ses raccourcis narratifs plus que regrettables, le film français prend, sans vergogne, son public pour des imbéciles et confirme, bien malgré lui, qu'il ne suffit pas de regrouper une panoplie de stéréotypes romanesques pour que la magie opère.

L'histoire de Un bonheur n'arrive jamais seul est la même que toutes les autres; un éternel célibataire tombe amoureux d'une femme - l'ex de son patron dans le cas présent - qui n'est pas disponible affectivement au moment de leur rencontre et qu'il doit donc tenter conquérir, et (cela s'entend) non sans embûches. L'arnacoeur, par exemple, avait si bien réussi en 2010 avec des mobiles semblables, pourquoi le long métrage de James Huth (Brice de Nice) échoue si lamentablement?

D'abord, il y a le choix douteux des acteurs principaux. Encore une fois, je me répète; le succès d'une comédie romantique réside d'abord dans la sélection réfléchie des deux comédiens qui incarneront le couple en qui le public doit croire et ensuite, s'accrocher et s'attacher. Gad Elmaleh, un humoriste d'origine marocaine qui a connu et connaît encore un grand succès en France et même chez nous au Québec, et Sophie Marceau, une actrice française qui roule sa bosse au grand écran depuis le début des années 80, ne forment pas le couple enviable qui nous donne envie, à nous public, de vivre une idylle semblable à la leur. Ni l'un ni l'autre ne semble confortable dans son rôle. Marceau, qui incarne une mère de famille depuis peu séparée de son mari riche, se donne de faux airs frivoles qui dérangent d'emblée et Elmaleh s'avère très peu convaincant dans son rôle de macho invétéré qui profite de son succès de pianiste pour embobiner les jeunes admiratrices.

L'humour n'est pas, non plus, au diapason. Pousser l'amant hors du lit pour ne pas que les enfants le voie grâce à des cabrioles loufoques et un enfant qui vomit chaque fois que l'on joue, d'une quelconque façon avec de la nourriture, ne sont pas de grandes trouvailles comiques et contribuent inévitablement à l'insignifiance générale de l'oeuvre. Dans ce genre de comédies, les personnages secondaires ont généralement un rôle important à jouer quant à l'aspect « humoristique » de la trame narrative. Ici, chacun d'entre eux, que ce soit les enfants, les deux amis du héros ou les deux ex-fiancés de la protagoniste, est d'un ennui incommensurable, à l'image de l'ensemble de cette production bâclée.

Et la finale, où on se chamaille coquinement sous un beau soleil d'été tout en envisageant l'avenir glorieux qui nous attend, dégoute même le plus utopiste des romantiques. Je le répète encore pour ceux qui aurait fait la sourde oreille : la comédie romantique est un art de précision et de complicité, sans ces deux variables essentielles on obtient à un produit médiocre à l'image de Un bonheur n'arrive jamais seul.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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