Affiche du film  Un amour de jeunesse
© Métropole Films Distribution

Un amour de jeunesse

Version originale en français
13 juillet 2012

Un film d'amour (de jeunesse)

Photo Par Karl Filion

On avait perçu dans le précédent film de la réalisatrice Mia Hansen-Løve, Le père de mes enfants, une volonté de raconter par le jeu, la performance. Par la proximité avec les acteurs, qui étaient et qui sont à nouveau dans ce film-ci au centre de la démarche et de la découverte d'un film qui, encore une fois, aborde, avec une intelligence émotionnelle et une écoute supérieures, des thématiques bien balisées du cinéma. Oui, Un amour de jeunesse est un film d'amour (surprise!). D'amours adolescentes même (on en a vu d'autres, non?). Mais en même temps, il ne ressemble pas aux autres films d'amour.

Est-ce à cause de son histoire en deux temps, sans crescendo, comme le simple récit de deux moments dans la vie d'une héroïne réaliste? L'amour « perdu » n'étant pas perdu tant qu'il n'est pas retrouvé, c'est la comparaison entre les deux époques qui fait la force émotive d'une telle histoire, dont le personnage central est particulièrement abscons et taciturne. C'est donc par contre-exemple que les émotions, loin de « l'effusion », se dévoilent lentement.

Lentement, cela veut aussi dire dans quelques longueurs, qui sont parfois un peu accablantes. L'absence de pathos se fait certainement sentir. Des flottements dans l'impact émotif rendent certaines scènes redondantes, parfois vides. Pourtant, les observations sont tellement justes, surtout dans la première partie alors que se développe sous nos yeux une malsaine histoire d'amour entre jeunes qui résonne fortement. C'est certainement l'histoire de l'ami(e) d'un(e) ami(e).

L'élégance et la patience de la réalisation d'Hansen-Løve se constate à nouveau, elle qui filme avec une empathie évidente sa jeune actrice, Lola Créton. La jeune femme semble confinée par la caméra, presque aussi témoin que nous. Cela rend bien sûr l'identification difficile - tout autant, d'ailleurs, que les dialogues poétiques, jolis mais peu crédibles - et cela place le film dans un contexte de lecture plus intellectuel que sensoriel. Nous sommes observateurs, placés en situation d'analyse. C'est un choix de réalisation difficile à faire et il n'est pas certain que ce soit ce que le cinéma, à son faîte, puisse offrir de mieux. Mais Mia Hansen-Løve est en plein contrôle, et cela transparaît dans son film.

On n'a donc d'autre choix que d'inscrire Un amour de jeunesse dans le contexte de l'oeuvre de la jeune réalisatrice, comme une nouvelle entrée s'ajoutant à une proposition cohérente de cinéma qui se définit mieux à chaque nouveau film. Il y a un grand plaisir à retirer de voir se développer sous nos yeux une filmographie personnelle et cohérente, peut-être davantage qu'il y en a à voir Un amour de jeunesse.

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Photo Karl Filion

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