Affiche du film  Trolls en boîte
© Les Films Séville

Trolls en boîte

Version en français
v.o.a. : The Boxtrolls
24 septembre 2014

Mes précieux fromages

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Les films de la compagnie Laika Entertainment font partie d'une catégorie à part. Entre l'animation CGI traditionnelle et le stop-motion, les longs métrages de cette firme possèdent un charme et une atmosphère bien particulière. Leurs films ne s'adressent pas aux jeunes enfants, qui sont généralement effrayés par ses personnages difformes, mais ils ne sont pas non plus destinés à un public adulte, vu leurs thématiques plutôt ingénues. C'est donc assez difficile de déterminer le public cible des oeuvres de Laika. Probablement diraient-ils que leurs productions touchent un auditoire de 7 à 77 ans, mais il y a tellement d'exceptions dans ce large groupe d'âge qu'il ne reste que très peu de candidats admissibles en fin de parcours.

Même si leurs films sont extravagants, ils n'en sont pas moins brillants. Coraline était magnifique, hypnotisant. ParaNorman, légèrement moins envoûtant, possédait aussi, malgré tout, cette folie distinctive qui animait Coraline. The Boxtrolls réussit aussi à captiver de la même manière mystérieuse que ces deux prédécesseurs. Le monde qu'on nous présente ici en est un psychédélique dans lequel les classes sociales sont déterminées par la couleur des chapeaux que portent ces membres et où la chose la plus convoitée d'entre toutes est le fromage. Dans cet univers absurde vivent des trolls, des inventeurs inoffensifs, chassés et exploités par un vilain chapeau rouge et sa troupe de subordonnés. Ces esclaves naïfs se questionnent à plusieurs reprises durant le film s'ils sont les bons ou les méchants; une hypothèse très intéressante considérant que le concept de « méchant » n'est finalement qu'une question de point de vue.

Il ressort d'ailleurs plusieurs morales importantes de ce monde tordu. Il y a les refrains conventionnels des films d'animation, ceux qui concernent l'amitié, la famille et l'affirmation de soi, mais le long métrage s'intéresse aussi à des idées comme le respect et l'avarice qui n'ont pas l'habitude d'être exploitées de cette façon dans les films pour enfants. Boxtrolls renvoie aussi à l'histoire de Mowgli, ce bébé humain élevé par les loups (ici, l'enfant est élevé par les trolls). Les relations avec ce personnage de conte sont nombreuses et très enrichissantes métaphoriquement. Entendons-nous, les bambins n'en ont rien à faire des figures de style, mais les parents s'apercevront bien vite des références et de leur justesse analogique.

Les trolls s'expriment dans un langage très primal, un peu comme un enfant qui commence à parler, ou comme les Minions de Despicable Me. Notamment grâce à leur dialecte élémentaire et à leur faciès crédule, les trolls deviennent adorables et l'enfant en fait rapidement son allié, et ce, même s'ils n'ont pas un physique particulièrement attrayant. Le fait qu'ils utilisent leur boîte comme d'un bouclier contre leur ennemi à la surface et qu'ils ne la quittent jamais (un peu comme la doudou ou le nounours d'un enfant), font d'eux aussi des êtres fragiles et attachants.

Laika conserve son standard de films d'animation atypiques avec The Boxtrolls. Même si on ignore à qui s'adresse ce film (peut-être n'est-il d'ailleurs pas nécessaire que nous le sachions), on ne peut nier le plaisir fantasque qu'on éprouve à le regarder.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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