Affiche américaine du film Running Scared
© Alliance Atlantis Vivafilm

Traqué

Version en français
v.o.a. : Running Scared
23 février 2006

Virée d'enfer

Photo Par Karl Filion
Paul Walker s'embarque dans toute une aventure. Pas certain que tout le monde embarquera complètement avec lui, mais certains éléments – qui se dispersent malheureusement vers la fin – évitent à ce film l'échec auquel il était destiné.

Le réalisateur Wayner Kramer, responsable de The Cooler, un drame dont on dit beaucoup de bien, réalise son propre scénario pour ce deuxième film. Le problème, en fait, c'est que c'est aussi lui le responsable du scénario de Mindhunters, et qu'on ne dit pas beaucoup de bien de Mindhunters.

Kramer raconte donc l'histoire de Joey Gazelle, un jeune criminel qui doit se débarrasser d'un fusil qui a servi à tuer un policier pour le compte d'un gang de mafieux. Quand son jeune voisin prend l'arme et tire sur son beau-père, Gazelle doit retrouver l'arme et s'en débarrasser avant la police et ses amis criminels.

L'attrait principal de Traqué est son aspect visuel. Kramer démontre une belle créativité au début de son film et, sans en être vraiment conscient, on est complètement enivré par son histoire réaliste et prenante. On parvient même à pardonner quelques répliques insipides et on commence à trouver quelques qualités au travail de Paul Walker. Sauf que ça, ce n'est que le début. Bientôt, les répliques insipides sont remplacées par des scènes entières, et Walker recommence à nous agacer.

Plusieurs exagérations dans le scénario, des raccourcis, et des monologues aussi, rendent la fin du film très irréaliste, presque inintéressante. Dommage parce que jusque là, l'intérêt pour les mésaventures de Joey Gazelle était bien présent. Le crescendo n'est pas complètement au point, malheureusement, et la finale certainement pas à la hauteur.

La distribution est loin d'être éclatante, et il faut bien admettre que Paul Walker semble être capable de subtilité à côté de ses co-acteurs, rarement très passionnés par leurs personnages. Sa performance n'est pas complètement mauvaise, il est étonnamment crédible dans son rôle de père, c'est dans le rôle du mafieux qu'il manque de conviction.

L'intrigue du film se développe bien, les scènes d'actions s'enchaînent rapidement et sont pour la plupart très réussies. Or, l'intrigue devient à un moment tellement complexe que le réalisateur et scénariste n'a pas le choix de créer des personnages complètement farfelus qui auraient un plus grand impact dans une comédie. Une étrange couple et un proxénète ridicule sont intégrés dans l'histoire un peu maladroitement, comme des outils pour se sortir d'un impasse qu'on sentait imminente. Les scènes d'action s'avèrent cependant très efficaces, avec leur allure branchée et leur violence omniprésente. Efficaces surtout parce qu'au début du film, elles ne sont pas ridicules. Pour la finale, on joue un peu trop les héros, d'autant qu'elle s'étire inutilement.

Le travail visuel apparent et l'ingéniosité de la réalisation permettent vraiment d'apprécier Traqué pour ce qu'il est, un film d'action assez convaincant dans son genre, qui a tenté quelque chose de nouveau. Et ça, c'est tellement rare.

On dit souvent que les grandes attentes créent de grandes déceptions. Alors quand on ne s'attend pas à grand-chose, on l'a. Dans cette optique, Traqué vaut le coup.
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Photo Karl Filion

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