Affiche du film  Transformers : L'ère de l'extinction
© Paramount Pictures

Transformers : L'ère de l'extinction

Version en français
v.o.a. : Transformers: Age of Extinction
26 juin 2014

Des voitures-robots sur des dinosaures-robots

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il y a une bonne façon de décrire ce film (et les autres de la série) : de la porn de CGI. Transformers ressemble en de nombreux points à un film porno : l'histoire est presque inexistante, continuellement remise en question, accessoire; les deux sollicitent les besoins primaux de son public et les véritables intentions de chacun ne sont jamais dissimulées sous de faux prétextes.

Ce film-ci, cet Ère de l'extinction, est encore plus primitif que les oeuvres précédentes de la franchise, pourtant assez élémentaires. On ne compte plus les entorses au scénario. Après une vingtaine d'inepties (des humains qui se sortent de chutes mortelles sans une égratignure, des robots qui ne sont plus en mesure de combattre qui reprennent l'affrontement après quelques mots d'encouragements et des personnages qui disparaissent pour réapparaître quelques minutes plus tard sans plus d'explications), on décide d'abandonner et consent que nous sommes en face d'un film qui ne prône pas la cohérence, mais bien le désennui.

Le problème, c'est que pour désennuyer, il faut d'abord capter l'attention du spectateur, parvenir à lui faire oublier les fardeaux de son quotidien, mais Transformers : Age of Extinction n'arrive jamais à nous emporter dans son sillage. Deux heures, c'est déjà beaucoup trop pour ce genre de films sans histoire, mais deux heures quarante, c'est vraiment prendre son auditoire pour des cons. Il y a pourtant tout dans ce film pour titiller la testostérone et éveiller les pulsions que notre porn de CGI tend à attiser (existe-t-il vraiment quelque chose de plus masculin que des voitures-robots sur des dinosaures-robots qui combattent d'autres robots?), mais, malgré tout, il aurait fallu une certaine unité, une logique, pour que le film soit supportable. Le troisième chapitre de la série était mauvais, certes, mais il pouvait au moins se vanter de raconter quelque chose, au contraire de celui-ci qui déploie beaucoup d'efforts pour ne rien dire.

Les dialogues sont aussi une mine d'or d'idioties et de maladresses (« J'ai promis à ta mère à sa mort que notre bébé ne manquerait pas ta graduation » (??), « mon visage est mon mandat » (???)), tout comme les personnages, clichés et assommants. Les acteurs n'arrivent jamais à nous convaincre de l'intérêt de leur alter-ego. Ils livrent tous des performances lamentables. Peut-être peut-on les excuser sachant que c'est l'oeuvre entière qui fait défaut et pas seulement leurs performances, mais elles n'améliorent en rien l'ensemble.

Les effets spéciaux sont quand même satisfaisants, mais, comme nous l'avons déjà dit à de nombreuses reprises, la technologie dans le domaine est tellement avancée de nos jours qu'on ne peut plus considérer cette variable comme un critère quand on dispose d'un budget de 200 millions $ et les meilleurs artistes d'Hollywood pour fignoler le tout. Les images tournées en IMAX apportent une certaine prestance supplémentaire, mais, après deux heures de robots qui se bagarrent et une blonde qui hurle, même les images géantes ne nous empêchent pas de bâiller.

En voulant contrer le désennui, Michael Bay l'a malheureusement engendré.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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