Affiche du film  Transformers 3 : La face cachée de la lune
© Paramount Pictures

Transformers 3 : La face cachée de la lune

Version en français
v.o.a. : Transformers: Dark of the Moon
29 juin 2011

Le messager

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Une fois la première heure de ce troisième Transformers écoulée, je me suis véritablement demandé si j'avais jugé trop sévèrement cette franchise qui m'apparaissait soudain comme un divertissement efficace, mais, après les interminables dernières 70 minutes, j'ai dû abdiquer mes espoirs et me rendre à l'évidence; même avec la meilleure volonté du monde, des explosions, des robots et des cascades sans structure - aussi impressionnantes visuellement soient-elles - ne pourront jamais me convaincre de la qualité/compétence d'une oeuvre. Dès les prémisses on installe le genre du film, ses ambitions récréatives en nous présentant en gros plan et sans équivoque les fesses de l'ex-mannequin pour Victotria's Secret, Rosie Huntington-Whiteley. Quand les toutes premières images d'un long métrage sont les courbes suggestives d'une top modèle, on doit se faire immédiatement une raison sur les véritables intentions de la production. Mais, même si les motivations initiales d'un film se résument à la distraction d'autrui, doit-on obligatoirement abuser de nos forces pour étourdir le spectateur au maximum? N'y aurait-il pas une limite au désordre d'un divertissement (aussi volontaire soit-il)?

Si ce nouveau Transformers avait été d'une durée normale - et raisonnable - d'une heure trente ou quarante, j'aurais probablement conservé ma surprise jusqu'à la fin et décrété (légèrement consternée) cette oeuvre de compétente, percutante et, même, habilement écrite. Malheureusement, comme il est dans l'habitude de Michael Bay d'abuser des bonnes choses, l'intérêt du récit se dissipe rapidement sous le tumulte des explosions, le vomissement des moteurs et le cri hystérique de victimes innocentes. L'idée de développer la narration au milieu d'évènements historiques - le premier voyage des humains sur la lune n'a peut-être pas été fait pour les raisons que l'on croit, la centrale nucléaire de Tchernobyl n'est peut-être pas radioactive à cause d'un simple accident nucléaire - était brillante; on se sent d'autant plus concerné lorsque l'on parle d'éléments connus, mais cette belle et riche perspective se perd elle aussi dans la multitude, l'armada d'effets spéciaux. Comme on s'y attendait tous, ces derniers sont d'une grande habileté technique, à l'instar des magnifiques décors post-apocalyptiques et de certains plans architecturaux, renversants. Seulement, puisqu'on ne s’attendait à rien de moins du maître des effets spéciaux, le résultat presque impeccable nous laisse de glace.

L'humour facile mais percutant - parfois bon enfant, parfois irrévérencieux - est également l'un des critères principaux de la lucrative franchise. Dans la première partie de l'oeuvre, cette dérision propre à la série joue un rôle prépondérant en régulant la trame narrative, en l'allégeant, mais cette frivolité finit elle aussi par disparaître sans préavis. Les nombreuses allusions à la médaille que Sam a reçue des mains du président américain, ainsi que celles sur sa nouvelle voiture non-extraterrestre, réussissent immanquablement à déclencher quelques rires de l'auditoire - à ce moment-là attentif.

On ne changera pas la démarche, ni la formule, Transformers n'est pas construit pour séduire les critiques ou même les amadouer discrètement (rien n'est subtil dans ces films), la franchise n'existe que pour divertir, sans prétention, la populace. Mais, nous étions si près du but, nous avions l'impression - naïve peut-être - que Bay y était arrivé, et d'être témoin de cet affaissement, de cette chute volontaire ne peut que décevoir, nous désenchanter sur fond de cataclysme extraterrestre. À trop vouloir, on finit par perdre.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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